TURAN Selim

Peintre , 1915-1994

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Cote, prix et estimation de l’artiste Selim TURAN

Prix d’une peinture signée :  700 – 20 000 €

Estimation d’un dessin ou d’une aquarelle de l’artiste en ventes aux enchères : 500 – 8 000 €

La Turquie natale : de l’académisme à l’individualité 

Né en 1915 dans un quartier d’Istanbul, Selim Turan grandit dans une famille, nourrie de culture tant occidentale qu’orientale. Il partage aussi avec son père une passion commune pour le dessin et la peinture et cultive les expérimentations picturales, à la fois formelles, chromatiques et structurelles. Les maîtres de l’art turc traditionnel comme İsmail Hakkı Altunbezer, Hattat Kamil Efendi et Necmettin Okyay font également croître l’intérêt de leur élève pour l’art au point que celui-ci intègre, après le lycée, l’Académie des Beaux-Arts d’Istanbul. Les années de l’artiste à l’Académie sont marquées par une réforme de l’institution ouvrant la voie à un enseignement plus libéral sous l’influence de Léopold Lévy qui ouvre la voie à une nouvelle peinture turque, plus individuelle, plus assurée et plus personnelle, dont seront pétris des artistes comme Selim Turan ou Agop Arad. Diplômé de l’Académie en 1938, Selim Turan commence à enseigner dans de nombreuses écoles comme la Sultantepe Junior School à Üsküdar, la Kadıköy Art Institute et Moda Art School for Girls. Bien que l’artiste qualifiât cette période de réaliste, ses œuvres le sont moins. Dans ses représentations tirées de la vie quotidienne (pêcheurs, écoliers, marchés), son traitement du thème se veut singulier. Son voyage dans province de Muğla en 1941 marque un tournant dans sa production : ses peintures de fermiers et d’ouvriers sont emprunts de la volonté de saisir une expression individuelle. Aux représentations folkloriques, l’artiste substitue un accent sur la figure humaine, vue par le prisme de son expérience personnelle : c’est par exemple le cas dans son Portrait of a Fisherman (1941) ou dans son Hashish-smoker

Les années parisiennes, le début de l’abstraction et la «période noire»

En 1944, Turan épouse l’artiste de céramique Fatma Şahika Arutay, avec laquelle il emménage à Paris trois ans plus tard, grâce à une bourse financée par le Gouvernement français (Boursiers du Gouvernement Français). Pendant ses premières années parisiennes, Turan est grandement influencé par l’art abstrait et entreprend un dialogue artistique avec les mouvements artistiques contemporains occidentaux. Il expose ainsi dans des galeries d’art et participe à des expositions communes tandis que ses œuvres sont acquises par les grands musées européens, de Londres à Vienne. S’il travaille d’abord à partir des lithographies d’Asger Jorn, Pierre Soulages, Miró et Picasso, il devient ensuite assistant d’Hans Hartung (1904-1989), expérience qui lui permet de faire sienne l’approche de son maître pour devenir l’un des principaux artistes abstraits de sa génération. Ses œuvres abstraites sont ainsi exposées dès 1948 à Paris, au sein d’un groupe nommé La Rose des Vents, à la Galerie des Deux-Iles. Parallèlement, Turan bénéficie d’une exposition monographique à la Galerie Breteau, qui fait figure galerie majeure à l’époque. 

Pendant cette période, qualifiée par la critique de «période noire», l’artiste utilise fréquemment dans ses Compositions des années 1950, des formes abstraites tirées du motif du crucifix christique, faisant signe vers une volonté de dépasser le visible.

De l’artiste à l’architecte en passant par le décorateur – Le retour en Turquie. 

Les transformations qui affectent la ville de Paris amènent également un changement dans l’art de Turan qui en revient à une exploration de la figure humaine. À partir de 1964, il commence à travailler avec l’architecte Jean Balladur pour la réalisation d’œuvres d’art ornant les nouveaux bâtiments. Il réalise ainsi des sculptures à grande échelle, des aménagements de place, et des fresques pour les villes d’Arles, Bordeaux, Cean, Carmeau, Passac, La Teste-de-Buch, Cotepave, Dieppe, Lacepier, Teeltiére, Lille, Nîmes, Toulouse et Marseille. Il fait partie des artistes qui inscrivent leur travail dans l’espace public. Cette conception de la place de l’Art le rapproche d’autres artistes dont Albert Marchais et Michèle Goalard avec qui il mènera le projet «Pour un espace architectural» (Galerie Maywald, Paris). En 1979, le président turc 

Fahri Korutürk invite Selim Turan à Istanbul où il produit des œuvres renouant avec des thèmes folkloriques tandis que l’une de ses sculptures mobiles se trouve agrandie et placée à Ankara, dans le parc Kurtuluş en 1993. L’artiste contribue également à la création d’une galerie ethnographique privée à Tahtakuşlar, village natal de l’artiste Edremit. Il perpétue cependant ses liens avec la France : invité en tant que membre de Jury à la Sorbonne en 1991, il meurt à Paris même trois ans plus tard, le 3 octobre 1994. Il est toutefois enterré en Turquie, après une cérémonie au Centre culturel Atatürk.

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