KALMAKOFF

Peintre symboliste russe, 1873-1955

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Cote, prix et estimation de l’artiste Nicolas KALMAKOFF

Nicolas Kalmakoff est un peintre russe, connu pour ses peintures surréalistes et mystiques. Son œuvre, influencée par les récits fantastiques des frères Grimm, présente également de nombreuses représentations de femmes, vues comme une tentation mystique. Sa carrière, composée de plusieurs phases, est marquée par différentes périodes d’inspiration et de représentation dans ses réalisations. 

 

Estimation minimale – maximale

Peinture 1 000 – 300 000 €
Dessin 700 – 278 000 €

 

Peintures 

Les peintures de l’artiste sont influencées par sa période auprès des ascètes Scoptes mais également par les mythes et légendes de récits mythologiques variés. Au centre de ses représentations figure la femme, souvent dans un contexte mythologique. 

Peinture Nicolas Kalmakoff

Peinture de Nicolas Kalmakoff – Le couronnement – Estimée 150 000 – 200 000 €

Son œuvre la plus cotée est Aphrodite with Eros and Anteros, vendue 260 000 £ en 2010.

Dessins

Les dessins de l’artiste sont également témoins de l’influence surréaliste dans son œuvre. Ses représentations font preuve d’un fond imaginaire dans lequel évoluent des figures mystiques parfois inquiétantes. 

Dessin Nicolas Kalmakoff

Dessin de Nicolas Kalmakoff – Les femmes des Nadjis – Estimé 120 000 – 180 000 £

L’œuvre record pour une vente aux enchères est son dessin Leda and the Swan, adjugé pour 180 000 £. 

 

Qui est Nicolas Kalmakoff ? 

Une vie d’ascète

Nicholas Kalmakoff est né en 1873 à Nervi sur la riviera espagnole d’un père officier russe et d’une mère italienne. La famille retourne rapidement en Russie à Saint-Pétersbourg, où le jeune Kalmakoff étudie à l’École Impériale de Droit de 1890 à 1895. Cependant il commence à se consacrer à la peinture dès 1905, après avoir suivi des cours d’anatomie et de peinture en Italie. De cette période il ne reste aucune œuvre. Cette époque fut également marquée par le fait qu’il rejoint le mouvement ascétique des Scoptes. Peu de temps après, de 1908 à 1911, il conçoit des costumes de scène et des décors pour plusieurs pièces tels que Masque Noir, Judith, Anathema et le Grand-Duc de Moscou et continua pendant la Première Guerre mondiale à produire des illustrations pour des livres et des magazines. Cependant, la guerre se fait pressentir et en 1920, trois ans après la Révolution de 1917, il est contrait de partir en exil. S’ensuit donc son installation à Tallinn puis Constantinople où il réussit à retrouver une vie artistique. En 1924, il décide de se rendre sur la Côte d’Azur avant de finir ses jours en région parisienne.

Une vision hallucinée

Nicholas Kalmakoff fut dès son enfance marquée par les récits fantastiques d’E.T.A Hoffmann et les contes de fées des frères Grimm que lui lisait sa gouvernante allemande. C’est alors qu’il développa un goût prononcé pour l’occulte, le mysticisme et l’étrange. De plus à la suite de son adhésion à l’ascétisme Scopte qui réprouvait la sexualité, liée au péché originel, les thèmes de la sexualité et de la femme furent récurrents, la femme étant vue comme déesse tentatrice, le tout au sein d’un décor faisant référence à des lieux exotiques, historiques et révolus, souvent tirés de mythes anciens. En effet il fut également fortement inspiré par les mythes grecs et les légendes orientales qui correspondaient parfaitement à ses visions inquiétantes, hallucinées, proches d’un Gustave moreau, d’un Klimt ou d’un Ferdinand Khnopff particulièrement tourmentés. Quant à son esthétisme, celui-ci peut-être divisée en trois périodes. La première de 1908 à 1913, reprend les caractéristiques stylistiques du mouvement « Mir Iskousstva » qui s’apparente aux sécessionnistes viennois et munichois, avec l’utilisation de couleurs vives, des lignes nettes et un fond décoré de spirales, et de l’importance de la couleur or. La seconde période, de 1913 à 1928, se caractérise par des couleurs moins intenses, des lignes moins nettes, plus estompées, et par une plus grande richesse iconographique. Enfin la dernière période, de 1928 à 1955, il s’inspire de la Renaissance italienne et française (École de Fontainebleau) avec un canon de figure plus musculeux pour les hommes, et un canon allongé et à la poitrine menue et haute pour les femmes.

Une redécouverte française

Mort dans l’oubli et le dénouement le plus total après avoir été spolié par sa deuxième et dernière femme, il faut attendre près de sept ans après sa mort pour assister à sa redécouverte. En effet, c’est en 1962 que Bertrand Collin du Bocage et Georges Martin du Nord redécouvrent son œuvre aux puces de Saint Ouen chez un marchand hongrois. Deux expositions ont suivi cette remise à jour, l’une en 1964 à la galerie Motte et surtout la grande rétrospective de 1986 au musée-galerie de la Seita. En plus de cette redécouverte française, les peintures de l’artiste sont exposées dans plusieurs musées russes dont le musée du théâtre. A. A. Bakhrushin à Moscou et dans la galerie nationale Tretiakov  et au musée. A.S. Pushkin également à Moscou.

Ce fut une heureuse redécouverte qui permit aux œuvres de l’artiste de sortir de l’ombre et elles atteignent maintenant des prix élevés sur le marché de l’art. En effet il fut vendu en 2020 chez Christie’s deux paires de Kalmakoff pour 62 500 livres chacune.

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