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Comment se définit la cote d’un artiste et le prix de ses œuvres ?

À l’heure où le Portrait of An Artist (Pool with two figures) de David Hockney se trouve estimé à 90,3 millions de dollars soit un record pour un artiste vivant, il paraît légitime de s’interroger sur les éléments objectifs permettant d’établir la « cote » d’un artiste, autrement dit son indice de popularité qui fera grimper, ou non, le prix de ses œuvres lors des ventes.

L’importance de la formation pour établir la cote d’un artiste

Pour un artiste, établir sa cote, c’est d’abord miser sur la qualité de sa production mais également de sa formation. Il est, en effet, plus aisé pour celui-ci d’acquérir reconnaissance et notoriété vis-à-vis de ses pairs et sur le marché en sortant d’une institution renommée, les Beaux-Arts de Paris en tête. Celles-ci favorisent également l’insertion de leurs diplômés sur ces marchés dans un système de bénéfices réciproques : en assurant la renommée de ses artistes, l’institution confirme son prestige et la qualité de son enseignement à l’échelle nationale, voire internationale. Ainsi, le ARP La Seine permet aux jeunes artistes récemment diplômés de toute école d’art française et étrangère de développer un projet artistique pendant 18 mois.

Aux Beaux-Arts, pendant leur scolarité, les étudiants se voient en outre sollicités par des appels à projets (création d’une affiche pour la ligue d’échecs d’Île-de-France par exemple) qui constituent un premier tremplin pour valoriser leur talent. Toutefois, on ne saurait réduite la part de l’origine familiale dans le parcours d’un artiste. En effet, celui dont les parents ne font pas preuve de réticence vis-à-vis d’une carrière artistique, voire dont les parents auraient déjà un « pied » dans ce monde-là (connaissance de personnalités du « monde de l’art » qu’il s’agisse de galeristes, de collectionneurs ou d’artistes émérites) verra l’établissement de sa cote amplement facilité. Outre l’accès à une très bonne formation par des professeurs de choix, le réseau dont il dispose par ses proches lui permettra de s’insérer plus facilement sur le marché de l’art. Si aujourd’hui, on tend à minimiser l’importance d’une formation académique avec la mise en avant de l’originalité d’un artiste, il n’en demeure pas moins que s’insérer dans les réseaux, mettre en avant ses créations et valoriser son travail requiert un apprentissage pour le jeune artiste qui se veut également entrepreneur lui-même, statut au du stéréotype romantique du « génie marginal ».

Le rôle des lieux et instances de légitimation du prix des œuvres

Outre la première instance de légitimation que constitue l’école de formation, l’établissement de la cote d’un artiste se dessine en fonction de son passage au sein d’instances de légitimation que sont :

1. Les musées

2. Les galeries renommées à l’instar de la galerie Gagosian

3. Les foires et biennales (FIAC, biennale de Venise)

Ces lieux d’exposition constituent autant de lieux constitutifs de la valeur d’un tableau ou de l’œuvre d’un artiste, valeur non seulement artistique, mais valeur également marchande, financière tributaire de la première. La participation à ces manifestations offre la possibilité de s’attirer l’intérêt d’acquéreurs reconnus, particuliers (Messieurs Pinault et Arnault à travers leurs fondations) ou de galeries.

Pour ce qui est des musées, on sait l’importance que peut avoir une exposition monographique ou rétrospective pour un artiste décédé : l’exposition organisée au Grand Palais en 2015 conféra ainsi une reconnaissance à Elizabeth Vigée-Lebrun pour le public français puisqu’il s’agissait de la toute première rétrospective consacrée à l’artiste en France.

Que penser des indicateurs ?

Enfin, le meilleur indice de la cote d’un artiste est certainement son classement parmi les indicateurs d’Artprice, ou du KunstKompass qui prennent notamment en compte les éléments précédemment mentionnés.

Prenons l’exemple du Kunstcompass, publié tous les ans par la revue allemande Capital. Celui-ci établit un palmarès des artistes les plus visibles de l’année précédente, classés par ordre de visibilité et non de valeur marchande. L’indicateur prend en compte le lieu d’exposition, la durée, la nature de l’exposition, le nombre de points est modulé et guide ainsi les acquéreurs dans leurs achats. Cependant, comme le soulignait lui-même le magazine Capital dans un article de 1970 :

[…] de la même façon qu’une boussole normale n’est pas fiable à cent pour cent (le Pôle Nord magnétique ne coïncide pas parfaitement avec le Pôle Nord géographique), le Kunst Kompass n’est pas absolument sûr. Mais comme moyen pour l’orientation sur le marché de l’art international, il devrait remplir une fonction utile.

(Capital, Kunst Kompass, novembre 1970

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