CARRIES

Sculpteur et céramiste français, 1855-1894

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Cote, prix et estimation de l’artiste Jean Carriès

Au cours de sa courte carrière, Jean-Joseph Carriès a principalement sculpté dans le grès, le plâtre et le bronze. Les estimations récentes pour ses œuvres vont de 800 à 50 000 €. Carriès a également réalisé de nombreuses céramiques, principalement des vases, d’inspiration définitivement japonaise, également très appréciées : les estimations vont de 300 à 20 000 €.

 

Estimation minimale – maximale

Sculpture 300 – 70 000 €
Céramique 200 – 60 000 €

 

Sculptures

Les œuvres de Carriès peuvent globalement se classer dans deux catégories : les bustes de personnages historiques comme Louise Labé ou de ses contemporains comme Jules Breton, ou encore Frans Hals et sa femme, mais aussi des anonymes ; et par ailleurs, des masques et des figures d’êtres grotesques et malfaisants, qui sont les œuvres les plus recherchées de l’artiste.

L’exemple le plus frappant est Le Grenouillard (35x41x42 cm), une sculpture en plâtre datant de 1891, qui lors d’enchères chez Artcurial en 2019 a dépassé son estimation haute de 40 000 € pour atteindre 95 000 €, soit plus du double. Il s’agit néanmoins là d’un cas extrême, les autres sculptures de cette catégorie allant d’un prix de vente de 2500 € à 15 500 €.

Sculpture Jean Carriès

Sculpture de Jean Carriès – Le grenouillard – Estimée 30 000 – 40 000 €

Pour les bustes, celui de Frans Hals à la barbe en pointe, bronze de 60 cm, réalise un prix de vente de 22 000 € pour une estimation entre 12 000 et 15 000 € en 2015, chez Art Auction France. Les autres bustes arrivent en général entre 3000 € et 15 000 € à la vente.

Céramiques

Malgré l’évidente influence japonaise, Carriès a néanmoins su imprimer sa personnalité à son œuvre céramique. Travaillant beaucoup le grès, il marque ses travaux de motifs fantomatiques et de coulées et éclaboussures de couleurs, tout en laissant apparents la matière et son grain, pour des résultats surprenants.

Vase Jean Carriès

Vase de Jean Carriès – Vase gourde à dessus bombé, fond plat – Estimé 5 000 – 6 000 €

Les prix de ventes de ses œuvres varient de 600 € à 14 000 € avec un record de 34 200 € pour une Bouteille sphérique dite « Melon », pourtant estimée entre 15 000 et 20 000 €, lors d’enchères en 2012 par Tajan. Au cours de la même vente, une autre œuvre de Carriès, Bouteille Tronconique, corps guilloché, a elle aussi dépassé son estimation de 4000 à 6000 €, pour atteindre un prix de vente de 13 500 €.

 

Qui est Jean Joseph Carriès ? 

Une vie tragique

Jean Joseph Marie Carriès est un sculpteur et céramiste français né le 15 février 1856 dans la ville de Lyon. Il grandit dans un milieu modeste, son père était un cordonnier, mais se retrouve orphelin dès 1861. Il n’a alors que 6 ans et est recueilli dans une institution religieuse. Il semble que sa carrière ait commencé lorsqu’il était apprenti modeleur estampeur chez un sculpteur d’objets religieux ; Pierre Vermare. Encouragé par ce dernier il se présente à l’École des Beaux-Arts de Lyon et est accepté en 1868.

À partir de 1874 il s’installe à Paris et devient provisoirement l’élève du sculpteur Augustin Dumont. Il rencontre aussi Alexandre Falguière et Henri Lehman dont il suit les conseils. Après avoir échoué au concours des Beaux-Arts de Paris, il se concentre sur son propre travail. Faute d’argent il trouve un emploi aux côtés d’ouvriers de Passy, mais est heureusement découvert par le comte de Brimont qui lui passe sa première commande ; un bas-relief pour son fronton, Le Temps dévoilant les heures.

Jean Carriès commence à vivre de son métier en réalisant notamment des bustes de toutes sortes sur commande. Il expose aussi dans plusieurs salons dans les années qui suivent où la qualité de son travail est reconnue. En 1888 l’exposition d’une série de bustes de personnages historiques en bronze fait sensation et lui permet de se lancer dans le travail de la céramique qui le passionne. Il perfectionne même cette technique. Il obtient la Légion d’honneur en 1892 et l’État se rend acquéreur d’un certain nombre de ses œuvres. Il ne profite malheureusement pas longtemps de cette gloire tardive, car il meurt le 1er juillet 1894 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

L’Artiste artisan

La première partie de la vie de Jean Carriès est principalement consacrée au travail sur ses bustes. Ceux-ci sont souvent des œuvres de commande, mais cela n’empêche pas l’artiste d’y faire passer sa singularité. Loin de se laisser aller à la facilité, il passe son temps à expérimenter des formes et des techniques nouvelles, se représentant parfois subrepticement dans ses œuvres. Le trajet de sa production artistique va tendre vers des inspirations à la fois naturalistes et symbolistes, notamment à travers la série de bustes des Déshérités. Ces derniers ont pour thèmes des marginaux, les pauvres et les classes populaires.

Cette inventivité de l’artiste est mêlée à une réelle curiosité et fascination pour les techniques de création artistique. Ainsi pour la série de bustes en bronze représentant des figures historiques il travaille au côté de Pierre Bingen qui est un des premiers à pratiquer la technique de la fonte à cire perdue à Paris. Cette fascination se poursuit à travers le travail de la céramique. Il se consacre ainsi à améliorer la technique de cuisson de la poterie en grès émaillé. Son inspiration symboliste semble prendre le dessus lors de ses dernières années. Les créations représentent souvent des animaux fantastiques ou des thèmes oniriques inspirés de l’art japonais ou des sculptures gothiques.

Une reconnaissance tardive

Une de ses œuvres les plus célèbres est malheureusement restée inachevée La Porte de Parsifal, réalisée vers 1890 pour la princesse de Polignac. Ce travail devait mêler le talent de Carriès pour la sculpture et l’émail et aurait été le pinacle de sa carrière. On y retrouve notamment ses inspirations gothiques et japonaises. Malheureusement seul un plâtre grandeur nature sera réalisé et exposé. De nombreux éléments tirés de ce projet préparatoire monumental seront néanmoins présentés au public par l’artiste.

Aujourd’hui les sculptures et les céramiques en grès de Carriès sont très appréciées des collectionneurs. Les portraits, les masques d’inspiration japonaise et les bouteilles décorées de glaçures sont aussi très recherchés. Ainsi on peut mentionner le cas de cette « Rare bouteille sphérique », un grès décoré, qui a été adjugé à 41 610 euros à Paris en 2012. On peut aussi mentionner dans un autre style le Masque d’horreur, un buste en grès émaillé, adjugé à 30 000 euros.

Reconnaître la signature de Jean Carriès 

Jean Carriès fait partie de ces nombreux artistes qui ne signaient pas la totalité de leurs œuvres. Cependant, un exemple de sa signature vous est présenté ci-dessous afin de vous faire une première idée. Quelques variantes existent : n’hésitez pas à contacter un de nos experts pour authentifier une signature de manière formelle.

Expertiser et vendre une œuvre de Jean Carriès

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