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Comment déchiffrer la signature d’un tableau ancien ?

« Je signe pour que les gens qui me voient comprennent que je leur dis “tu” », disait Van Gogh. Par cette phrase est exprimée toute l’importance de la signature pour certains artistes. La signature correspond à la touche finale qu’un artiste peut apporter à l’œuvre qu’il légitime de ce geste. 

La légitimation de la signature 

La signature du peintre peut s’assimiler au poinçon de maître des pièces d’orfèvrerie anciennes. De même, la signature du peintre présente des analogies avec l’apposition de l’estampille dans les métiers de l’ébénisterie et de la menuiserie. Mais s’en distingue, car la signature d’une œuvre peinte n’a jamais été réglementée. Ces marques des auteurs apposées sur leurs œuvres se développent toutes plus ou moins à la même période : le XVIIIe siècle. 

La pratique de la signature au XVIIe et XVIIIe siècle apparaît comme quelque chose d’assez rare. La littérature artistique sur le thème de la signature se développe à partir du XIXe siècle et permet plus facilement de déchiffrer la signature d’un tableau ancien, à partir de cette période. C’est à partir de cette époque que la signature devient un moyen légitime pour les experts de déterminer l’authenticité d’une œuvre. 

Auparavant gravée dans le cadre, la signature sera désormais incorporée au tableau. Cela participe de l’émergence de l’artiste en tant que personne à part entière et artiste en tant que tel et non plus simple exécutant. La Renaissance voit s’élever les grands artistes, leurs signatures sont souvent composées de leurs prénoms comme Léonard de Vinci, Titien ou encore Rembrandt. Si la signature s’est réellement démocratisée à partir du XVIIIe siècle, elle s’inscrit dans les mœurs à partir de la période romantique en peinture, dès le début du XIXe siècle.

Exemple de signature de Léonard de Vinci

La valeur accordée à la signature d’un tableau ancien 

Le fait de signer une œuvre picturale est quelque chose d’assez récent en histoire de l’art. Ce n’est qu’à la Renaissance que les artistes s’affirment, s’individualisent de leurs mécènes et signent leurs œuvres. Avant la Renaissance il était très rare que les tableaux soient signés. Le tableau du célèbre peintre primitif italien Cimabue du XIIIe a récemment été révélé : l’œuvre n’est évidemment pas signée, et malgré tout adjugée 24 millions d’euros. Si la signature n’est donc pas indispensable pour déterminer la valeur d’une œuvre, elle permet d’identifier le tableau et son auteur, voire sa date. 

La signature est un moyen pour l’artiste d’approuver l’œuvre qu’il a créé, en confirmant ainsi son authenticité. La signature est davantage un signe de paternité, d’affirmation de l’auteur de sa paternité sur l’œuvre plutôt qu’un gage d’authenticité puisque chaque œuvre originale d’un artiste porte, dans sa réalisation, l’empreinte de la personnalité de son auteur. 

La signature est l’expression originale de l’artiste, elle peut être d’une création spontanée, ou vivement élaborée. Elle peut être formée des initiales de l’artiste, de son nom complet, d’un diminutif, d’un signe, d’un monogramme.

Dans l’Europe du Nord en particulier, l’immense accumulation du monogramme au XVe siècle (dont le plus célèbre est sans doute celui de l’artiste allemand Albrecht Dürer) correspond à l’usage croissant du poinçon chez les orfèvres. 

Exemple de signature d’Albrecht Dürer

La signature d’un artiste est de la plus grande liberté. La taille, la couleur diffère pour chacun permettant une originalité certaine de chaque signature. Le but recherché était rarement d’attirer l’attention sur la signature, celles-ci étant généralement de taille plutôt petites. 

Les signatures sont souvent en retrait dans les tableaux anciens, cantonnés à un petit espace en bas à gauche ou à droite de la toile. Mais certains artistes choisissaient des emplacements plus originaux pour leurs signatures, afin de s’intégrer parfaitement à l’œuvre, comme dans les œuvres de Raphaël. De façon plus rare, les artistes signaient parfois au verso des toiles, mais jamais sur le châssis qui peut facilement se désolidariser de l’œuvre.

Exemple de signature de Raphaël

Signature et contrefaçon 

Une signature peut se révéler fausse et entraîner l’inauthenticité d’une œuvre. Mais il est des cas où la signature peut n’être qu’une inscription postérieure sans pour autant remettre en cause l’authenticité de l’œuvre. Il existe aussi des cas où une signature est révélée suite à un nettoyage d’une toile.

Nombreux sont les faussaires imitant à la perfection les œuvres et les signatures des peintres les plus célèbres. Le style et la façon sont imités la perfection afin de piéger l’acquéreur de l’œuvre. Les faux prolifèrent, en France comme à l’étranger, chez les particuliers et parfois même dans les musées. 

Il existe des faussaires célèbres comme Guy Ribes, qui a réalisé de nombreuses copies de tableaux anciens comme des faux Edgar Degas pour des décors de cinéma, plus vrais que nature. Ce faussaire et malgré tout artiste a plusieurs fois affirmé que ses tableaux se trouvaient dans de célèbres musées français et anglais, authentifiés par les plus grands experts. Le mystère reste entier. 

L’analyse et l’expertise de la signature des tableaux anciens comprend un travail de recherche parfois très poussé. Nos experts sauront estimer vos tableaux anciens et répondre au mieux à vos attentes d’expertise dans ce domaine. 

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