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Les enjeux d’un marché de l’art mondialisé

Le marché de l’art est constitué de l’ensemble des transactions d’objets et d’œuvres d’art. On y trouve un grand nombre d’acteurs : les artistes, les marchands et antiquaires, les galeries et maisons des ventes, les collectionneurs…  

Apparu dès le début du XVIème siècle, ce marché est en pleine évolution depuis les années 2000 avec une accélération du nombre de ventes et des innovations permanentes à l’instar de la vente en ligne. Pour appréhender au mieux ce milieu dynamique et parfois opaque, revenons en détail sur les récentes évolutions du marché de l’art.

Le succès du marché de l’art

Lorsque l’on observe le nombre d’œuvres d’art vendus aux enchères sur les dernières années, il apparaît clairement que le marché de l’art est toujours dynamique. Au cours du premier trimestre 2021, c’est plus de 112 000 œuvres d’art qui ont changé de mains dans le monde. Ce chiffre constitue un record inédit et est un véritable synonyme de résilience après une année 2020 bousculée par l’épidémie. Surtout, la vraie surprise ne vient pas d’une augmentation par rapport à 2020 (+18%) mais d’une hausse de 6% des ventes par rapport au précédent record datant de 2019. On peut toutefois noter que les ventes en valeur ne sont pas à la hauteur de certaines grandes années (2014 en premier lieu) en raison d’une baisse conséquente des ventes supérieures à 10 millions de dollars (cf. graphique ci-dessous). 

Pour analyser convenablement le record du premier trimestre 2021, il faut prendre du recul. Au début des années 2000, les sociétés d’enchères dispersaient en moyenne 42 000 lots pour 400 millions de dollars en trois mois. Dans les années 2006-2010, on dépassait le milliard de dollars en moyenne. Puis 1,6 milliard au cours de la dernière décennie pour 82 000 oeuvres par an en moyenne. 

Les 2 œuvres les plus onéreuses révèlent la diversité extrême d’un marché de l’art très liquide : d’un côté une toile du maître de la Renaissance Botticelli, de l’autre un fichier Jpeg de Beeple. De la virtuosité de l’artiste à la digitalisation du marché de l’art, il y une forme de continuité qui révèle le dynamisme du marché de l’art. Les œuvres contemporaines comme les œuvres classiques sont susceptibles de porter la croissance. 

La répartition du revenu par différents secteurs 

La croissance du marché de l’art est tout particulièrement portée par l’art contemporain depuis 20 ans. En effet, comme le montre le graphique ci-dessous, cette catégorie représente 41% des ventes en 2019. 

Cela semble relativement faible par rapport à l’art moderne, mais c’est particulièrement important au regard des années précédentes : en 20 ans, le nombre d’artistes concernés a été multiplié par 6 et le nombre de lots par 10. Logiquement, le nombre de maisons de ventes impliquées dans le marché de l’art contemporain a doublé et les sessions spécialisées ont triplé. Autrefois largement minoritaire, le segment contemporain pèse aujourd’hui sensiblement la même chose que les périodes des Maîtres Anciens et du XIXème siècles réunis !

En termes de statistiques, la percée de l’art contemporain est phénoménale. Voici les chiffres les plus édifiants résumant cette évolution impressionnante. 

La répartition du marché de l’art par pays

Au-delà de la répartition de l’art par secteur, un point sur les grandes places mondiales du marché de l’art est intéressant.

Les Etats-Unis

Le graphique ci-dessous montre très clairement que le Marché américain domine largement en termes de revenus. Les Etats-Unis, c’est 42% du marché global et 39% du marché contemporain. C’est 724,5m$ d’œuvres contemporaines vendues en 2019, un chiffre en progression de +18% par rapport à l’année précédente : sur ce marché, New-York génère 17 fois le chiffre d’affaires de Paris et trois fois celui de Hong Kong ou de Pékin. La particularité du marché américain est sa tendance à se reposer sur un nombre très restreint d’artistes côtés : Jean-Michel Basquiat, Jeff Koons, Christopher Wool et Georges Condo représentent à eux seuls le quart du marché de l’art contemporain mondial !

Le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est dans une véritable période charnière : sa place, qui reste très importante, est en train de se réduire considérablement au profit du marché asiatique. Ainsi, bien qu’il conserve sa place de 2ème marché mondial (20% du marché global en 2020), il se fait rejoindre par la Chine et passe de 30% du marché de l’art contemporain à 14%. Sur le dernier exercice, son chiffre d’affaires a perdu 20%. Toutefois, le Royaume-Uni conserve une place dominante par rapport à ses voisins directs, notamment avec un résultat 20 fois supérieur au résultat allemand. De même, les signatures européennes restent une de leur spécialité : c’est notamment à Londres que l’artiste allemand Albert Oehlen obtient ses meilleures adjudications annuelles.

La Chine

Il est également très intéressant de souligner le développement exponentiel de la Chine et de Hong-Kong depuis 2000. Portée par une croissance extrêmement rapide, la Chine devient année après année un sérieux concurrent pour les Etats-Unis. L’eldorado chinois est très attractif, en témoigne la décision de Christie’s, première société de ventes mondiale, de faire croître ses ventes à Shanghai. La première vente de Christie’s en Chine continentale coïncide d’ailleurs avec les mesures prises par le pays pour faciliter les entrées et sorties d’œuvres. De même, Sotheby’s a tenté une percée à Pékin entre 2013 et 2015, avant finalement de se concentrer sur Hong-Kong. 

Hong-Kong

En effet, depuis une dizaine d’années, Hong Kong est progressivement devenu la place centrale du marché asiatique. En 2014, la péninsule pesait 10% du Marché de l’Art Contemporain ! On retrouve lors des ventes de nombreux artistes asiatiques dont la côte croît rapidement, à l’instar de Zhang Xiaogang et Fang Lijun. En 2011, Christie’s et Sotheby’s ont vendu pour 236m$ d’œuvres contemporaines à Hong Kong, contre 558.000$ en 2000. 

Des innovations permanentes : le développement de l’online

Depuis 2013, les ventes n’ont cessé de croître à un rythme important : +42% en 2014, +24,1% en 2015 et plus récemment, + 9,8% en 2018. C’est bien la preuve que les ventes online possèdent un véritable intérêt économique pour le marché de l’art. D’ailleurs, en 2013, Sotheby’s a vendu pour 107 millions de dollars d’œuvres en ligne, contre 250 millions en 2019. Les ventes ont été multipliées par 2,3 en 5 ans ! Si la hausse est plus faible chez Christie’s (+20% sur la même période), elle n’en révèle pas moins l’envie croissante des maisons de vente de se digitaliser. 

En 2020, les ventes online ont complètement explosé : +106% en un an. Cela s’explique bien entendu par le contexte sanitaire qui a entièrement bloqué le marché de l’art. On peut bien sûr se demander si ce tsunami digital va se poursuivre. Dans les faits, la grande majorité des prédictions voyait de toute façon la digitalisation du monde de l’art comme un phénomène destiné à se produire d’une manière ou d’une autre : de ce point de vue, 2020 ne serait qu’un accélérateur. 

En effet, en 2020, tous les acteurs (galeries, artistes, foires d’art, salles des ventes) ont dû s’adapter au contexte de pandémie. Cette adaptation est notamment passée par des innovations constantes en termes de formats, en témoigne l’exposition ONE, A Global Sale of the 20th Century de Christie’s qui s’est étendue en direct sur 4 places globales du marché de l’art. Pour en savoir davantage sur les ventes en ligne sur le marché de l’art, allez voir notre article concernant le marché de l’art en ligne.

Sources :

Le marché de l’art contemporain de 2000 à 2020 – Artprice

The Art Market 2020 – An Art Basel & UBS Report

Global Online Art Market – Statista

Art market Worldwide – Statista

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