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Interview avec la galerie d’art en ligne les Atamanes

Dénicher des perles rares tout en rendant l’art abordable : telle est l’ambition du duo mère-fille Catherine et Alexandra Duhamel, fondatrices de la galerie en ligne les Atamanes. Nous sommes allés à leur rencontre afin qu’elles nous dévoilent les secrets de leur métier et de leur galerie singulière.

Comment avez-vous commencé cette aventure de galeriste ? 

Catherine : Tout d’abord, nous venons d’une famille collectionneuse depuis la fin du XIXe siècle et qui est persuadée que l’art peut changer le monde. J’ai moi-même travaillé de nombreuses années dans plusieurs institutions culturelles et, à ce titre, j’ai pu mener de nombreuses opérations auprès d’artistes. Je me suis ensuite tournée vers le conseil en collection pour les grandes entreprises et le courtage avant de lancer les Atamanes en 2012.

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Catherine et Alexandra Duhamel de la galerie Les Atamanes

Alexandra : Mon parcours est assez différent puisque j’ai commencé par travailler dans les assurances avant de me consacrer pleinement au site. Mon objectif était qu’il gagne en visibilité et en renommée. Il y a dix ans, le concept de vente d’art en ligne était novateur et les Atamanes était un réel pionnier. Nous avons rapidement été confrontées à des problématiques très intéressantes telles que la manière dont on peut créer un contact émotionnel avec l’œuvre sans pouvoir examiner la toile de visu. 

Vous êtes donc une galerie peu commune ?

Catherine : En effet ! Nous ne travaillons pas directement avec les artistes, mais nous dénichons les œuvres proposées à la vente dans des ventes aux enchères, ce qui nous donne accès à un éventail très large d’œuvres de qualité quand on sait repérer les opportunités. Dans les galeries traditionnelles, les artistes viennent déposer eux-mêmes leurs travaux. C’est la différence entre le premier marché, où les œuvres viennent directement des artistes, et le second marché, où les galeries possèdent les œuvres qu’elles vendent. 

Comment sélectionnez-vous les artistes ? 

Catherine : Puisque nous sommes positionnés sur le second marché, nous prenons plus de risques. Notre objectif n’est pas de découvrir de nouveaux talents, mais de faire réémerger des artistes de grande qualité. Je dirai que notre sélection se porte avant tout sur les petits maîtres, c’est-à-dire sur des peintres qui ont été parfois oubliés par la critique ou par le marché de l’art et qui pourtant sont aussi talentueux que les grands noms de l’histoire de l’art qu’ils ont côtoyés. Ces artistes nous intéressent tout particulièrement, car ils nous mettent au défi de faire changer le regard de l’acheteur ou du collectionneur. 

Alexandra : Pour parvenir à cela, nous organisons des expositions virtuelles sur le site ce qui nous permet en même temps d’effectuer un travail d’explication des œuvres présentées. En somme, ce qui nous importe c’est de rechercher constamment la qualité tout en nous éloignant du goût conventionnel. Tout notre travail réside dans ce juste positionnement. 

Comment décririez-vous les défis majeurs de votre métier ?

Catherine : Je dirai que notre plus grand défi est de repérer et faire connaître des mouvements artistiques ou des thèmes intéressants susceptibles de revenir à la mode. Connaissez-vous par exemple le mouvement MADI ? Il s’agit d’un mouvement abstrait géométrique né en Argentine, très ludique. Il témoigne d’une exubérance, d’une joie de la création visible dans la peinture qui semble jaillir hors du cadre. Ce mouvement, très connu à l’étranger notamment en Amérique du Sud, n’est pourtant que peu connu en France. Il gagnerait à être plus médiatisé et il a été très apprécié par les visiteurs de notre site.

Galerie les Atamanes collection art tableaux

Un autre aspect fondamental de notre travail de galeriste est de valoriser à la « juste cote » les œuvres des artistes que nous présentons. Pour fixer les cotes, les acteurs du monde de l’art se réfèrent souvent aux sites de bases de données qui recensent toutes les ventes publiques des œuvres d’un artiste. Mais ces sites présentent des données partielles qui ne sont pas toujours représentatives, notamment en ce qui concerne le travail des peintres qui nous intéressent. Nous nous efforçons d’ajuster les prix des artistes en fonction de la qualité de leurs œuvres de leur inscription dans un pan de la création artistique. Nos prix sont fixés en fonction de l’intérêt artistique réel des œuvres et non des tendances actuelles, pour éviter aussi de donner  prise aux effets spéculatifs.

Comment les acheteurs parviennent-ils à faire confiance à une galerie uniquement digitale ? 

Alexandra : Nos acheteurs nous font confiance, car nous présentons des photographies de qualité des œuvres proposées à la vente. Nous réalisons des photos en lumière réelle, sous plusieurs angles et accrochages avec d’autres tableaux pour permettre aux clients de se rendre compte à quoi ressemble l’œuvre sur un mur. En parallèle nous effectuons un important travail de bibliographie en contactant par exemple les héritiers des œuvres ou en recherchant des données inédites dans les bibliothèques spécialisées ce qui permet de fournir des informations nombreuses et de qualité. 

Pensez-vous que le futur de votre métier réside dans la digitalisation ? 

Alexandra : Depuis 2018, nous observions déjà une proportion grandissante d’achats d’art sur internet, mais il est certain que cela s’est accéléré avec la crise sanitaire. À la sortie du confinement, nous avons enregistré un très grand nombre d’achats sur le site et cette tendance a perduré. Je pense que la pandémie a permis de passer plus facilement de l’achat traditionnel en galerie physique à l’achat d’art en ligne. 

Qu’envisagez-vous pour l’avenir de votre site ? 

Alexandra : Nous souhaitons continuer de proposer des promenades virtuelles parmi les œuvres en nous appuyant sur de nouvelles technologies pour mieux suivre les tendances, poursuivre une synergie entre les différents arts et réveiller de nouveaux mouvements oubliés. 

Une anecdote pour la fin ? 

Catherine : Nous avons récemment eu une commande de la part d’un client qui s’offrait chaque année pour son anniversaire un tableau du même peintre qu’il affectionnait particulièrement. Je trouve que c’est une très bonne idée ! 

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