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Les signatures de la manufacture Gallé

À l’origine de la manufacture Gallé, un homme : Émile Gallé. Maître-verrier d’exception, il est l’un des pionniers du mouvement Art nouveau en France, qui se développe à partir des années 1890. Parmi les artistes et amis de Gallé s’illustraient notamment Louis Majorelle, célèbre pour ses meubles inspirés de l’élan vital de la nature ou encore Hector Guimard, connu pour les entrées de métro à Paris. 

Nancy était la capitale du style Art nouveau en France grâce notamment, à la création par Émile Gallé en 1901 de l’école de Nancy, alliance provinciale des industries d’art. Peintres, sculpteurs, architectes, décorateurs et maîtres-verriers se regroupent alors autour de Gallé, figure de proue du renouveau artistique. 

Ce mouvement d’ampleur européenne, appelé Jugendstil en Allemagne, Liberty en Angleterre ou encore Secessionstil en Autriche s’est développé jusqu’au début du XXe siècle et continue de faire rêver les collectionneurs du monde entier. Les pièces issues de la manufacture Gallé sont des témoins historiques de ce style et de son évolution en France.

Émile Gallé débute sa carrière dès 1867, il meurt en 1904, mais la production industrielle de ses pièces se poursuit jusqu’en 1931.

Les débuts discrets d’un génie de l’Art Nouveau 

Émile Gallé est célèbre pour ses pièces en verre soufflées à l’air libre, comme ses vases, ses coupes ou encore ses lampes montées. Nombreuses autres techniques suivront, rendant ses pièces de plus en plus précieuses et colorées comme l’imitation de la pierre dure, les craquelures, mais aussi le flambage ou l’inclusion d’or ou de platine. 

Au départ, et jusqu’au milieu des années 1870, les pièces de la manufacture sont signées « Gallé à Nancy » bien que les pièces soient d’abord réalisées à Meisenthal dans l’atelier familial. Les œuvres signées ainsi sont pensées et mûries à Nancy par Charles Gallé, le père du célèbre maître-verrier. 

À partir de 1877, Émile Gallé, ayant atteint une certaine notoriété, et commence à signer les pièces sortant de la manufacture. Il devient responsable de l’entreprise familiale l’année suivante. 

La signature se présente alors sous plusieurs formes « Emile Gallé à Nancy », « E. Gallé à Nancy » ou encore « E. G. », presque toujours agrémentée d’une croix de Lorraine, symbole de la résistance. Apposée à l’encre sous la pièce, la signature, discrète, peut parfois être accompagnée d’un dessin décoratif. 

Du milieu des années 1880 jusqu’à sa mort : le succès revendiqué

Il n’existe pas de grands changements dans la signature des pièces réalisées par Émile Gallé à cette période, si ce n’est un perfectionnement notamment par l’ajout de citations ou encore de dessins, plus présents à cette période, comme des insectes (papillons, scarabées) ou une stylisation plus marquée de la croix de Lorraine. Elles sont, de façon générale, plus imposantes. 

À partie de 1894, la signature, toujours à caractère manuscrit, comporte souvent la mention « cristallerie », qui connait beaucoup de déclinaisons comme « Cristallerie d’Émile Gallé à Nancy », « Emile Gallé en sa Cristallerie à Nancy modèles et décors déposés », etc. Les signatures sont alors multiples, bien que la forme reste la même. 

Les signatures présentes de plus en plus un décor inspiré de la flore, toute en légèreté, typique du mouvement Art Nouveau, pour lequel les pièces sont créées. Le chardon, la fleur des champs ou encore le champignon sont des éléments communs qui se retrouvent dans ses signatures.

De 1894 à la mort d’Émile Gallé, sa notoriété n’est plus à faire. Il affiche alors fièrement son nom sur le corps de ses pièces. Lorsque l’œuvre est réalisée par la technique du décor gravé à la roue ou en marqueterie de verre, il signe « Gallé » sans mention de son prénom, étant donné sa célébrité, émancipée de celle de son père. 

Chaque stylisation de signature est alors unique. Les pièces réalisées pour l’exposition de 1900 sont exceptionnelles, et cette prestigieuse provenance s’affiche dans la signature avec fierté (« Exposition 1900 », « Expo. 1900 », etc.). 

Le décès du maître : le nécessaire renouveau 

Au décès d’Émile Gallé en 1904, la manufacture est reprise par son épouse, Henriette, qui a choisi la signature à apposer. Il n’est alors plus question de faire référence au prénom du maître-verrier, seule la mention « Gallé » subsiste. Une étoile ou une croix accompagne parfois un trait qui souligne le nom du célèbre créateur. 

À la fin de la première guerre mondiale, et à la mort d’Henriette Gallé, Paul Perdrizet, le nouveau directeur de la manufacture modifie la signature et instaure le changement. Le « G » de « Gallé » est alors plus stylisé, dans un enroulement en spiral. La signature reste horizontale et marquée sur le corps de l’œuvre. 

Dans les années 1920 et jusqu’en 1931, une nouvelle signature apparait, créé par Émile Gallé, elle est réutilisée post-mortem. Il s’agit d’une signature « Gallé » stylisée dans laquelle les deux « l » sont attachées. 

L’importance des pièces produites par la manufacture Gallé, ainsi que la multitude de signatures qui s’y attachent, nécessite l’œil avisé d’un expert. Notre équipe se tient à votre disposition pour décrypter la signature sur vos œuvres Gallé, afin de pouvoir les authentifier et les dater avec précision. 

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