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Qui sont les nymphes et comment les reconnaitre ?

Légendes, pouvoirs et attributs des nymphes

Le nom générique de « nymphe » s’applique à de nombreuses divinités féminines mineures appartenant à la mythologie grecque et qui sont généralement associées à des notions de fécondité et de croissance. Leur nom vient de « numphe », un mot grec signifiant « jeune fille » ou « vierge ». Sous ce nom très général, les Grecs regroupent toutes les divinités féminines de la nature, qui peuplent les mers, les eaux, les bois, les forêts et bien sûr les arbres, les montagnes, les vallées fertiles, les sources, les bosquets, les rochets et les grottes. Ce sont de jeunes femmes d’une rare beauté, représentées nues ou à demi vêtues qui sont filles de Zeus et du Ciel : la pluie que le dieu faisait tomber rejaillissait en sources et leur donnait naissance. Grâce à cette origine particulière, les Anciens attribuaient aux nymphes un pouvoir fertilisant et nourricier grâce à leurs actions secrètes consistant à mélanger l’humidité de l’air, de l’eau et des forêts.

Mais leurs actions bienfaisantes ne concernent pas seulement la nature. Elles servent aussi les Dieux, comme la déesse Calypso. Les êtres humains aussi bénéficient de leurs bienfaits et de leur sollicitude. Ainsi, elles protègent les fiancés qui se plongent dans l’onde de certaines sources ou fontaines dédiées, pour obtenir la purification de leur corps, indispensable à la fécondité. Les nymphes ont donc un pouvoir régénérant qui était très apprécié par les Grecs.

À ceci s’ajoutent deux autres attributs : les Nymphes peuvent prophétiser et peuvent inspirer aux Hommes qui goûtent l’eau sacrée de leur source de nobles pensées et l’envie d’accomplir de grands exploits. Elles ont même un pouvoir guérisseur grâce à l’action de certaines de leurs eaux.

Il existe également d’innombrables légendes dans lesquelles les nymphes sont amoureuses des Dieux, mais aussi de simples mortels. De leur union avec les Hommes naquirent les héros, les demi-dieux, mais aussi les ancêtres des premières races humaines.

Les nymphes sont des êtres insouciants, chantant, filant, se promenant dans les ondes et les forêts. Elles sont une vie extrêmement longue, vivant des milliers d’années. Elles sont l’équivalent des fées de l’Antiquité.

Les Naïades

Chaque élément naturel avait donc, dans l’Antiquité grecque, une nymphe associée. Les Naïades étaient des nymphes aquatiques qui vivaient dans les eaux douces (rivières, fleuves, sources, fontaines, etc.). Parmi ces Naïades : Alphée ou encore Aréthuse qui toutes deux furent élevées dans leurs petites enfances par les nymphes des montagnes et des grottes (les Oréades). Elles passent pour être les filles de Zeus et des dieux fleuves et en cela, elles sont l’objet d’un culte particulier. Quelques auteurs antiques en font aussi parfois les mères des satyres. Les Grecs leur faisaient des sacrifices (chèvres et agneaux) et des libations.

toile John William Waterhouse
Huile sur toile de John William Waterhouse

Elles sont aisément reconnaissables dans les arts en cela qu’elles sont peintes généralement nues ou presque, dans un environnement boisé avec quelques attributs, une couronne de roseaux ou de plantes aquatiques et tenant à la main un coquillage. Les Naïades se retrouvent dans de nombreux épisodes mythologiques, comme dans celui d’Hylas et les nymphes. Hylas participe à l’expédition des Argonautes, étant allé puiser de l’eau à la cascade, il est enlevé par les nymphes qui, éprises de sa beauté, l’entrainent dans les profondeurs. Cet épisode est notamment connu de nos jours grâce à la transcription en peinture qu’en fait John William Waterhouse en 1896, dans une huile sur toile aujourd’hui conservée à la Manchester Gallery

Les Néréides

Les Néréides, les filles de Nérée le Vieux de la mer et de Doris, une Océanide, étaient les nymphes de la mer Égée et de la mer en général. Elles sont au nombre de cinquante et forment le cortège de Poséidon. Parmi elles on trouve notamment Amphitrite, l’épouse du Dieu, Galatée et Thétis, mère d’Achille. Elles sont, elles aussi, représentées comme de belles jeunes filles, à la coiffure agrémentée de perles et sont proches de dauphins ou d’hippocampes.

Parfois, elles sont représentées comme des sirènes, mi-humaines, mi-poissons et peuvent accompagner les tritons. Les Néréides, tout comme les Naïades, connaitront une grande postérité dans la sculpture décorative de jardin. Ainsi, Amphitrite est de nombreuses fois représentée à Marly, couchée ou redressée comme dans ce groupe d’Antoine Coysevox, exécuté en 1705 et aujourd’hui conservé au Musée du Louvre, cour Marly.

sculpture Antoine Coysevox
Œuvre d’Antoine Coysevox conservée au Musée du Louvre, cour Marly. (Crédits photos : Musée du Louvre/P. Philibert).

Les Dryades

Les Dryades sont les nymphes qui peuplent les forêts, surtout les forêts de chênes (l’étymologie du nom dryade signifiant « chêne » en grec). Ces Dryades sont des êtres très timides et se montrent peu. Elles ont pour fonction d’empêcher la destruction des forêts (les Grecs s’assuraient d’ailleurs que les Dryades aient quitté la forêt avant d’y couper des arbres).

Comme les autres nymphes, elles ont une très grande longévité et sont souvent représentées presque nues dans un cadre bucolique (pour les dryades, uniquement une forêt). Parfois, elles portent des couronnes de feuilles de chêne et la partie inférieure de leur corps se termine par des arabesques figurant des racines (on en trouve dans le vocabulaire ornemental de la Renaissance). La plus connue d’entre elles est Eurydice, la femme d’Orphée.

Peinture Gabriel Guay
Gabriel Guay, La dernière dryade, Toulouse, Musée des Augustins.

Les compagnes de Diane, à ne pas confondre avec les nymphes

Les chastes compagnes de Diane sont, de manière erronée, classées parmi les nymphes, car leur iconographie est très proche. Elles revêtent tous les attributs de la déesse sauf le croissant de lune qui est seulement propre à la sœur d’Apollon. Elles sont donc armées d’arcs, de flèches, de carquois et chassent en compagnie de leur maîtresse et se baignent avec elles dans les étangs cachés des forêts. Elles sont souvent poursuivies par les satyres lubriques, mais elles sont les gardiennes de la chasteté.

De nombreux autres types de nymphes peuplent les lacs, les monts et les vallées de cette Grèce ancienne et mystique (les Oréades habitent les montagnes et les Hamadryades les bois), dont on ne peut qu’entr’apercevoir la richesse cultuelle.

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