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Comment reconnaître Apollon ?

Un dieu aux multiples fonctions et attributs

Apollon est l’un des douze dieux de l’Olympe, qui, en Grèce antique, personnifiait l’esprit, incarnant la raison et la civilisation humaine, s’opposant ainsi à Dionysos (Bacchus). Selon la mythologie grecque, Apollo, est le fils de Zeus (Jupiter) et de Leto. Il est aussi le frère d’Artemis (Diane). Assez rapidement, il a été assimilé au dieu-soleil Hélios qui conduisait chaque jour son char au travers le ciel et dont le culte était largement répandu dans l’Empire romain.

Dans la sculpture antique, Apollon incarne l’idéal de la beauté masculine, au même titre que Vénus pour le versant féminin : il apparaît sous l’aspect d’un jeune homme imberbe, aux traits délicats, nu le plus souvent ou bien, s’il est représenté en tant que musicien, portant une longue tunique. La grande variété de ses attributs témoigne de la multiplicité de ses fonctions. L’arc, la flèche et le carquois indique en lui le patron du tir à l’arc, qui tue le serpent Python, comme narré dans les Métamorphoses d’Ovide au Ier siècle. L’Apollon du Belvédère, où le dieu est debout, bras levé comme s’il venait de décocher une flèche, est en cela une représentation typique qui influencera de nombreuses générations d’artistes. Parfois, un lézard est présent, on parle alors du type de l’Apollon sauroctone (tueur de lézard) selon la copie romaine de la statue antique de Praxitèle conservée au Louvre.

Apollon du Belvédère
Apollon sauroctone

Parfois, le dieu porte une lyre, qui l’assimile au protecteur de la musique, des muses et de la poésie. Son grand succès dans les arts lui vaut ainsi d’être fréquemment couronné de laurier.

En tant que dieu Soleil, il conduit un char à quatre chevaux et est parfois nimbé.

Le dieu-soleil

L’assimilation d’Apollon avec le Soleil correspond à une évolution tardive en rapport avec l’essor de son culte à l’époque romaine. Son char doré sur lequel le dieu parcourt le ciel chaque jour est un quadrige dont les chevaux sont uniformément blancs à partir du XVe siècle en hommage au triomphe romain. L’art baroque se plait à figurer des nymphes et putti batifolant autour du char. Cette iconographie du dieu a été assimilée au roi Louis XIV qui construisit à Versailles tout un système allégorique de dieux et de déesses desquels il était le souverain : le Roi Soleil.

 Jean-Baptiste Tuby, Le char du Soleil, groupe central du bassin d’Apollon, 1668-1671, jardins du château de Versailles.
Jean-Baptiste Tuby, Le char du Soleil, groupe central du bassin d’Apollon, 1668-1671, jardins du château de Versailles.

En tant que dieu Soleil, Apollon est à l’opposé de sa sœur Diane, qui porte un croissant de lune au front. C’est aussi sur son char qu’Apollon, le soleil qui voit et sait toute chose, fut témoin de la relation adultère de Vénus avec Mars et qui en informa Vulcain. L’épisode d’Apollon dans la forge de Vulcain a été remarquablement traité en 1630 par D. Vélasquez dans une toile conservée au musée au Prado.

Le dieu de la Poésie et de la musique

En tant que dieu protecteur de la poésie et de la musique, Apollon connait diverses représentations. Il est ainsi parfois représenté en tant que « Apollon musagète », c’est à dire, Apollon accompagné des neuf muses et régnant sur le mont Parnasse. Cette iconographie a été fortement diffusée durant les XVe et XVIIe siècles. On reconnait l’épisode à la présence des muses et aux attributs du dieu : un long vêtement et une couronne de laurier, parfois une lyre.

Marsyas supplicié grec
Marsyas supplicié grec (crédits photos :  2006 Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis)

Dans ce type, on connait également l’épisode d’Apollon et Marsyas. Ce dernier défia le dieu dans un concours musical, Apollon gagna et pour punir le jeune satyre de son orgueil, l’attacha à un pin et l’écorcha vif. Le concours de musique (reconnaissable à la présence de la lyre et de la flute) et l’écorchement sont habituellement représentés séparément. Le musée du Louvre conserve une remarquable copie antique en marbre d’un Marsyas supplicié grec qui témoigne du goût des artistes hellénistiques pour le pathétique. L’aspect cruel du thème sera d’ailleurs fortement exploité par les artistes de la Renaissance et des Temps Modernes.

Un autre concours musical est souvent confondu avec ce thème, celui d’Apollon et Pan, connu sous le nom de « jugement de Midas ». On reconnait cet épisode aux attributs royaux de Midas.

Dieu de la Prophétie et dieu pastoral

Dans la Grèce antique, Apollon incarnait le dieu de la divination rendant des oracles par l’intermédiaire de Sibylle, sa prêtresse, à tout ceux qui venaient l’interroger dans ses sanctuaires, dont le plus réputé était à Delphes. Hercule tenta un jour de s’emparer du trépied devant lequel la Sybille officiait et qui est parfois présent dans ses représentations. A partir du XVIIe siècle, on voit aussi apparaitre le thème de la sibylle de Cumes, évoqué par Ovide.

Le thème de l’Apollon berger (Apollon nomios) a été également assez prisé par les artistes. Il s’agit du moment où Jupiter envoya son fils garder les troupeaux du roi Admète. Sous ce type, il est souvent représenté aux côtés de Mercure, qui réussit à lui dérober son troupeau.

Les amours d’Apollon

Les amours des dieux ont été un des sujets les plus traités par les artistes dans l’art occidental. L’épisode le plus connu des amours d’Apollon est sans nul doute celui qui le lie à Daphné, une nymphe, qui a subi la malveillance de Cupidon ayant décoché une flèche d’or, symbole d’amour à Apollon et une flèche de plomb, symbole de dégoût, à Daphné. Celle-ci, poursuivit par le dieu réussit à obtenir des dieux d’être changée en laurier pour éviter le viol. Le thème a été rendu mondialement célèbre par la transcription en marbre qu’en a fait le Bernin entre 1622 et 1625 et aujourd’hui conservée à la galerie Borghèse de Rome.

Apollon et Daphné
Œuvre de Bernin (Crédits photos : Wikimedia Commons / Architas)

D’autres épisodes des amours d’Apollon existent mais ont été moins traités, tel celui d’Apollon tuant Coronis et Apollon et Hyacinthe, l’un des rares exemples d’amour homosexuel dans la mythologie grecque, qui se solda terriblement par la mort de Hyacinthe qui se change ensuite en fleur. L’épisode est d’ailleurs très souvent représenté sous cet angle, comme dans le tableau de Nicolas-René Jollain, Hyacinthe changé en fleur,  daté de 1769 et conservé au musée de Versailles.

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