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Civilisation chinoise : la dynastie Ming (1368-1644)

La dynastie Yuan s’éteignit suite à la révolte de 1368, laquelle porta au pouvoir l’empereur Hongwu (1328-1398) fondateur de la dynastie Ming.

Cette dynastie régna sur l’Empire chinois jusqu’en 1644. Trois grands règnes marquèrent cette dynastie : celui de Yongle (1402-1424), de Xuande (1425-1435) et celui de Chenghua (1465-1487).

La dynastie Ming instaura une véritable renaissance économique et culturelle. L’économie s’assit sur l’agriculture et non plus sur le commerce comme ceci fut le cas avec les dynasties précédentes. En parallèle, l’urbanisation progressa, les petites entreprises privées spécialisées dans la soie, le papier, le coton, etc. se développèrent. Les Ming instaurèrent une puissante armée de métier sans précédent. Enfin, l’autocratie de l’empereur se renforça également.

Du côté des arts, la création littéraire fut remarquable sous les Ming. Intéressés par des domaines variés, les esthètes collectionneurs stimulèrent la production artistique et artisanale.

Le livre : naissance d’un nouveau marché

Les esthètes collectionneurs créèrent une forte demande de livres dont la diffusion fut assurée grâce à l’imprimerie.

Diffuser grâce à la xylographie

Grâce à l’imprimerie, l’offre de livres s’intensifia sous les Ming. Elle n’était plus seulement réservée aux éditions officielles surveillées par le pouvoir impérial.

À l’époque l’imprimerie reposait sur la technique de la xylographie, servant à la fois à reproduire le texte et les images des ouvrages. Cette technique de reproduction consiste à effectuer un dessin sur une tablette en bois, à tailler la surface de part et d’autre des contours du dessin puis à enlever le bois des zones qui doivent rester blanches de façon à ne laisser en relief que celles que l’on veut voir apparaitre à l’image. L’encre est enfin appliquée sur ces parties en relief avant de procéder à l’impression manuelle ou mécanique à l’aide d’une presse sur une feuille de papier humidifiée.

Une offre diversifiée

L’imprimerie permit de diffuser des œuvres anciennes, mais également des œuvres récentes.

Les fictions narratives connurent un essor sous les Ming. Les œuvres fantastiques, romantique et érotiques étaient très prisées. Les quatre chefs-d’œuvre de la littérature Ming sont : le roman historique Les Trois Royaume, le roman d’aventures Au bord de l’eau, les romans fantastiques La Pérégrination vers l’Ouest et L’Investiture des dieux.

LivreHan xylographié
Livre des Han xylographié à l’époque Ming

Les lettrés chinois appréciaient également le théâtre et l’opéra. Dès lors des ouvrages de critiques et les pièces de théâtre majeures furent édités.

La peinture : entre tradition et nouveautés

De nombreux peintres talentueux exercèrent sous la dynastie Ming. Ils reprirent les techniques et les styles des dynasties Song et Yuan tout en y ajoutant de nouveaux éléments. Les œuvres des maîtres anciens étaient très recherchées par les collectionneurs, d’où la réalisation de copies des peintres Ming.

L’École de Wu

Le peintre Shen Zhou (1427-1509) fut le chef de file de l’École de Wu, dont la dénomination fut attribuée a posteriori par les critiques.

Shen Zhou
Shen Zhou, La grandeur du mont Lu, 1467, Musée national du Palais, Taipei

Cristallisant un ensemble de tendances héritées des Yuan, Shen Zhou s’imposa, par sa personnalité et son œuvre, comme le représentant majeur de la peinture Ming. Il allia poésie, calligraphie et peinture de paysage dans ses œuvres.

L’École du Zhe

Représentant de l’École de Zhe, Dai Jin (1388-1462), eut principalement une influence au Japon. En plus de sa technique remarquable Dai Jin multiplia les thèmes : personnages, paysages, oiseaux-fleurs.

Dai Jin
Dai Jin, Roses trémières, rochers et papillons, encre et couleurs sur papier

L’artiste s’exprima librement dans ses peintures de paysages. Reprenant les éléments traditionnels il ajouta une expression personnelle.

La céramique : une fabrication contrôlée

La céramique demeure l’art majeur des dynasties chinoises. À l’instar des dynasties précédentes, les Ming continuèrent de scinder leur production entre les pièces destinées au marché intérieur et celles destinées à l’exportation.  

La production impériale : les « bleu et blanc »

À l’époque des Ming, les principaux fours se situaient à Jingdezhen et à Dehua. Les ateliers étaient contrôlés par l’État et devaient répondre à la demande impériale ainsi qu’à celle des amateurs.

Sous les règnes de Yongle (1402-1424) et Xuande (1425-1435), les productions impériales revêtirent des décors bleus et blancs. Mais la cour préférait les céramiques monochromes : blancs, bleus ou rouges.

Flasque porcelaine bleu blanc
Flasque, porcelaine bleu et blanc, époque Yongle, début du XVe siècle, collection privée

Par la suite, l’époque Chenghua (1465-1487) vit l’utilisation du bleu de cobalt destiné aux contours des motifs.

La production étrangère : les « kraak »

Les manufactures chinoises répondirent à la demande européenne et adaptèrent leur production en fonction de ses goûts. Les porcelaines kraak illustrent des décors cloisonnés bleu et blanc au goût européen.

plat porcelaine kraak
Grand plat, porcelaine kraak, époque Wanli

À la même époque, une partie de la production de porcelaine chinoise fut destinée au marché japonais notamment des petits plats, souvent bleu et blanc, utilisés pour la cérémonie du thé.

Le mobilier : une spécificité Ming

Un mobilier prisé

La dynastie Ming s’est particulièrement illustrée dans la réalisation de mobilier. Les ébénistes chinois ont réussi à mêler esthétique simple et fonctionnalité. Contrairement aux Européens ils ne signaient pas leurs œuvres.

Fauteuils, tables, lits à baldaquin, meubles de rangement, coffres, etc. sont autant de mobiliers qui furent recherchés par les élites. Ces derniers en possédaient une grande quantité dans leurs résidences.

Un mobilier de qualité

Les pièces réalisées étaient assemblées avec tenons et mortaises. Les courbes et les lignes exécutées tout en finesse illustrent la volonté d’adapter les formes aux corps.

Ces meubles fonctionnels étaient parfois sculptés de frises simples, élégantes et souvent géométriques.

Table en huanghuali
Table en huanghuali, XVIIe siècle

L’essence privilégiée était celle du huanghuali, une variété de bois de rose. Ce bois était poli et quelques fois verni afin de magnifier le veinage du bois.

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