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Quelles sont les principales signatures de porcelaine chinoise anciennes ?

Des Mingqi (« objets lumineux ») destinés à accompagner le défunt dans l’au-delà aux célèbres bleu et blanc de la dynastie des Qing (1644-1912), la Chine est le berceau de la porcelaine, enviée pour ses qualités de translucidité, de dureté et de finesse, que les européens ont tenté de percer, des siècles durant.

Les évolutions des formes et des techniques de la porcelaine en Chine sont le reflet des dynasties qui s’y sont succédé. Certaines pièces de porcelaines de Chine possèdent des marques, apposées la plupart du temps en dessous de la pièce. Ces marques permettent de déterminer la date de création de l’objet, son origine ou encore son usage. 

Les mianhao 

En Chine, les sinogrammes (caractères chinois) apposés sur les pièces de porcelaines sont souvent des mianhao « nom d’années » qui correspondent aux règnes des différents empereurs des dynasties chinoises. Le règne de chaque empereur voit se succéder un ou plusieurs mianhao. 

L’usage des mianhao est né au XIIe siècle et s’est développé surtout au XIVe siècle sous la dynastie des Ming (1368-1644). Il est donc nécessaire de classer les marques des porcelaines de Chine selon leurs dates dynastiques et impériales. Les mianhao sont encore utilisés de nos jours, inscrits soit sur les « copies officielles » par l’État, soit sur des copies de pièces originales d’époques, c’est-à-dire des faux. Il est très important de comprendre qu’une marque, même déchiffrée n’est pas nécessairement gage d’authenticité. 

Les signatures apposées sur les objets en porcelaine doivent répondre à certains critères afin de pouvoir être correctement déchiffrées. Les mianhao se lisent de droite à gauche, et de haut en bas. La plupart du temps, le mianhao contient six caractères. Les caractères peuvent être en chinois classique ou en écriture similaire qui est une « écriture des sceaux » très ancienne. Le second caractère ainsi que les deux suivants sont les plus importants puisqu’ils correspondent au nom de la dynastie, ainsi qu’au nom de l’empereur sous le règne duquel la pièce a été produite, permettant ainsi de dater plus ou moins précisément une porcelaine (datation affinée par l’aspect général et esthétique de la pièce).

Les périodes des Ming puis des Qing concentrent la majeure partie des mianhao et donc des signatures les plus courantes pour les objets anciens fabriqués en porcelaine de Chine. 

Sous les Ming (1368-1664)

C’est l’Empereur Ming Xiuande qui a généralisé le marquage des pièces de porcelaines, et plus précisément les pièces réalisées pour son propre usage. 

La marque impériale se démocratise alors. Les pièces d’époque et de provenance impériales présentent souvent la particularité d’un décor représentant un dragon à cinq griffes, dit « dragon impérial ». 

Les fours de Jingezhen produisent alors des pièces de porcelaine de très bonne qualité. On produit alors surtout des « bleus et blancs », puis se développeront les pièces aux couleurs variées appelées les « doucai » (« couleurs mêlées »). 

Si sous le règne de Xiuande, toute personne à l’origine de pièces apocryphes était condamnée à mort, il en est autrement à la fin du XVe siècle où ces pièces envahissent le marché chinois. 

L’empereur Chenghua a repris la pratique de son prédécesseur et fait apposer une marque sur les pièces de porcelaine impériales. Il reprend les expériences de polychromie de son Xiuande et donnera naissance aux « wucai » (5 couleurs). Son sceau contient 4 caractères. Les pièces impériales d’époques Ming en bon état valent aujourd’hui plusieurs millions d’euros. 

Sous les Qing (1644-1912)

Sous la dynastie des Qing, qui est la dernière de l’Empire chinois, dix mianhao se sont succédé. Comme pour les dynasties précédentes, ils renseignent sur le nom de la dynastie, l’époque, et éventuellement sur le lieu de fabrication de la pièce de porcelaine. 

L’une des principales signatures connues de la porcelaine chinoise est celle de l’empereur Kangxi, qui régna à la fin du XVIIe siècle. Aucun compromis sur la qualité n’était toléré, quitte à détruire plusieurs milliers de pièces. Les porcelaines impériales produites représentaient plus de 10 000 pièces par an, toutes plus délicates les unes que les autres. 

Parfois les inscriptions dynastiques étaient remplacées par des caractères de longévité, des emblèmes de la faune et de la flore, correspondant à des marques de fabrique et de destination de l’objet. Des inscriptions poétiques ou extraites d’auteurs célèbres peuvent également y figurer, prenant part pleinement dans le décor de la pièce. 

Malheureusement, les signatures et autres marques ne sont pas toujours gage d’authenticité pour les pièces de porcelaine chinoise anciennes. Notre équipe d’experts est disposée à répondre au mieux à vos questions sur l’authenticité et la valeur de vos porcelaines chinoises

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