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Quelle différence entre argenterie et orfèvrerie ?

L’orfèvrerie, un art des métaux — aperçu historique 

Par orfèvrerie, on entend l’art de fabriquer des artefacts avec des métaux précieux, à valeur certes utilitaire, mais aussi décorative et/ou cultuelle (vaisselles, chandeliers…). Si l’orfèvrerie renvoie d’abord à l’art, au métier et au commerce d’artefact en or, la désignation fut ensuite étendue aux métaux précieux tels que le vermeil ou le platine. Ces pièces sont souvent garnies de matériaux de qualité comme les perles ou les pierres précieuses ou semi-précieuses. Ainsi, l’orfèvrerie renvoie non seulement aux techniques propres au travail des métaux précieux, mais aussi celles qui concernent les matériaux de qualité entrant dans la réalisation de certaines pièces : l’émail, le nielle, les pierres fines, l’ivoire, etc. 

Si la naissance de l’orfèvrerie est attestée au Vème millénaire av. J.-C., elle prend progressivement de plus en plus d’importance. Au Moyen Âge, en France, sous Charles VI, l’orfèvrerie représente un travail fortement valorisé par le roi et Paris apparaît comme un haut lieu pour le travail de ces métaux précieux : l’or est utilisé dans les vitraux, les tapisseries, mais aussi les manuscrits. Conformément à la valeur de la production, cet art est très réglementé, et ce, dès son apparition. À titre d’exemple, rappelons qu’en France, depuis la loi du 19 brumaire an VI (9 novembre 1797), les bureaux de garanties se chargent d’un contrôle strict de la production des orfèvres avec notamment la visite d’agents pour assurer contrôler l’apposition des différents poinçons légaux, garantissant ainsi l’authenticité des produits. 

Procédés et techniques de l’orfèvrerie 

Parmi les techniques et étapes de l’orfèvrerie, en voici quelques-unes dans l’ordre chronologique de production :

– La rétreinte qui permet, à partir d’une plaque de métal, de créer des pièces de formes plus allongées comme des feuilles.

-Le repoussé qui, utilité pour les pièces « de forme », permet de leur donner des allures concaves ou convexes.

-La fonte à cire perdue qui consiste à l’injection, après le moulage d’une pièce, de cire dans le moule pour réaliser autant de cires que de pièces à reproduire. L’estampage qui vise à l’apposition d’un poinçon.

-La ciselure utilisée pour décorer un métal sans ôter de la matière, en utilisant des ciselets.

-La finition qui comprend deux étapes que sont l’avivage et le polissage visant à supprimer les aspérités pour donner aux pièces un certain éclat. 

L’argenterie, une sous-catégorie de l’orfèvrerie ? 

Par argenterie, on désigne l’ensemble des artefacts (vaisselles, couverts) en argent. L’argenterie renvoie donc, de prime abord, davantage à un produit fini qu’à un art, à un métier et à des techniques même si aujourd’hui, le terme renvoie aussi à la production desdits artefacts en argent.

Si originellement, l’orfèvrerie comprenait le travail de l’argent, on distingua progressivement les deux activités par la valeur des produits, par les modalités de fabrications et par le marché visé. En effet, alors que l’argent est utilisé pour créer des objets de grande diffusion, donc produits de façon industrielle, les artefacts de l’orfèvre sont réalisés artisanalement, de leur fabrication à leur ornementation. Si l’argent revêt une haute valeur à l’âge classique puisque Louis XIV, sur le modèle des Portugais des meubles en argent massif à l’atelier des gobelins, la scission entre argenterie et orfèvrerie paraît s’opérer progressivement entre le XVII et le XIXe siècle. Au XVIIIe siècle, on assiste ainsi au triomphe de l’argenterie, moins coûteuse, sur l’orfèvrerie, si bien qu’au XIXe siècle, Fabergé relance une orfèvrerie dite raffinée, reposant sur l’emploi de métaux précieux, entérinant ainsi la scission avec l’argenterie. 

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