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Comment reconnaître le style Empire ?

Qu’est-ce que le style Empire ?

Le style fastueux de l’Empire rayonne sur la France durant plus de vingt ans, s’étalant sur tout le premier quart du XIXe siècle. On le nomme également le style « Napoléon Ier » pour le distinguer du style Napoléon II, correspondant au Second Empire.

La seconde moitié du XVIIIe siècle est marquée par la redécouverte de l’Antiquité grâce aux fouilles menées à Pompéi et à Herculanum. La diffusion de gravures de collections et d’objets antiques met à la disposition des artistes de nouvelles sources d’inspirations. À la fin du XVIIIe siècle se définissent ainsi les principes d’un Beau Idéal basé sur les idées de simplicité des formes et des décors qui caractérisent le style Empire qui prennent appui sur les modèles politiques et décoratifs de l’Antiquité grecque et romaine, toutes deux berceaux de la démocratie et de l’Empire. Le mobilier adopte des lignes épurées, géométriques et sévères. Il est plaqué d’acajou ou de bois exotiques aux couleurs chaudes, animées d’appliques en bronze doré dessinant des figures et modèles antiques.

meuble Psyché
Psyché, Musée des Arts Décoratifs de Paris (Crédits photos : MAD/photo : Jean Tholance)

De nouveaux meubles apparaissent également, comme la Psyché, ici conservée au musée des Arts Décoratifs de Paris et qui permet de se voir en pieds. Les papiers peints panoramiques ou les grandes tentures de tissus colorés tapissent quant à eux les murs. À la différence du mobilier du Directoire, le meuble Empire est assez lourd et imposant, et demeure souvent relativement inconfortable.

La production officielle des Arts est dirigée d’une main de fer par les architectes et ornemanistes Percier et Fontaine, qui donnent une forte unité à la production artistique, la rendant de ce fait assez aisément identifiable. En Angleterre, on observe à peu près les mêmes développements dans le style Regency, contemporain à celui de l’Empire, mais qui se veut plus pratique, laissant moins de place aux effets décoratifs purs.

Les principaux ébénistes et ornemanistes

Percier et Fontaine

Charles Percier (1764-1838) et Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853) sont les deux principaux architectes-décorateurs du Consulat et de l’Empire. Ils ont été nommés par Napoléon, dès 1801, architectes du gouvernement, présidant à l’organisation de tous les arts de l’Empire et à la décoration des résidences officielles qui avaient été pillées durant la période révolutionnaire. La promotion et la diffusion de leur style, nourri par leurs voyages romains, passe par la publication de recueils d’ornements, dont le plus célèbre est sans doute le « Recueil des décorations intérieures », édité entre 1801 et 1812. Sous l’impulsion de Napoléon Ier, ils redécorent notamment le château de Rueil-Malmaison, véritable vitrine du nouveau style à l’œuvre.

Jacob Frères et Jacob-Desmalter

George Jacob, menuisier et ébéniste, était déjà actif sous le règne de Louis XVI puis sous le Directoire et le Consulat, durant lesquels il joua un rôle majeur dans la définition des styles inspirés de l’antiquité, aux côtés du peintre Jacques-Louis David. En 1796, Georges Jacob confie les clés de son célèbre atelier de la rue Meslée à ses deux fils : Georges II Jacob et Jacob-Desmalter, qui fonderont tous deux la société Jacob Frères. À la mort de son frère en 1803, Jacob-Desmalter continuera seul et deviendra le fournisseur principal du Garde-Meuble de l’Empire. La diffusion de ses œuvres est considérable : en 1810, la maison Jacob-Desmalter emploie plus de huit cents employés. Ces meubles sont aisément reconnaissables au style ordonné et méthodique et à l’estampille « Jacob D. R. Meslée ».

Techniques et matériaux des meubles Empire

Table à écrire
Attribuée à Bernard Molitor, Table à écrire, acajou, bronze doré, métal et plateau garni de cuir, Paris, Musée des Arts Décoratifs (Crédits photos : MAD/photo : Jean Tholance).

L’acajou

L’acajou est l’essence la plus utilisée dans la production des meubles Empire. Il peut être employé en massif dans les meubles les plus luxueux ou en placage le plus souvent, permettant un contraste fort avec les décors de bronze doré. Il n’est néanmoins jamais sculpté : on préfère laisser les motifs décoratifs naturels du bois ou bien le faire contraster avec des bois plus clairs comme le citronnier ou l’amarante. Dès 1806, le blocus mis en place par Napoléon Ier empêchant tout commerce avec la Grande-Bretagne et ses colonies limite considérablement l’approvisionnement français en acajou. Les ébénistes français inventent alors des recettes pour teinter le bois indigène à la manière de l’acajou pour leurs meubles.

Bronzes et marbres

Les tables Empire sont presque toujours couvertes d’un plateau de marbre (porphyre, marbre griotte, vert ou blanc marbre des Vosges ou de Carrare) ou de brèche d’Alep, une pierre moins onéreuse.

Les ornements sont quant à eux principalement des bronzes appliqués sur le bois, qui fait la réputation des meubles de l’époque grâce à la haute qualité du travail de Pierre-Philippe Thomire, Martin-Guillaume BIennais ou Odiot, les plus grands bronziers de l’Empire. On trouve sur les meubles des poignées en anneaux, des figures de renommées empruntées à l’antique ou de sphinx et de sphinges dans la vogue de l’égyptomanie. Les emblèmes de la guerre et du pouvoir, faisceaux des licteurs, haches, lances, trophées d’armes égayent aussi le mobilier, aussi orné de figures empruntées à la mythologie, comme des figures féminines drapées ou des chimères.

Nouvelles typologies de meubles

Le siège Empire a généralement des pieds arrière en sabre et des pieds avant en pattes d’animaux ou en forme de poire à double renflement. Le tabouret curule, diffusé sous le Directoire connait un grand développement sous l’Empire, tout comme la chaise à l’étrusque (avec un dossier en crosse et des pieds en sabre) et le fauteuil d’officier. La méridienne de l’Empire est quant à elle très reconnaissable à ses trois côtés de hauteur irrégulière.

Le lit bateau Empire, comme celui de la chambre de Madame Récamier au Louvre attribué à Jacob Frères et réalisé vers 1799 est aussi très caractéristique avec ses deux chevets à même hauteur, sans pieds et reposant sur une plinthe et plaqué de grandes plaques d’acajou.

Lit bateau Empire de la chambre de Madame Récamier au Louvre attribué à Jacob Frères et réalisé vers 1799 (crédits photos : 2003 Musée du Louvre/Erich Lessing)

Une nouvelle table de chevet, nommée Somno, fait son apparition. Elle est très inspirée de l’antique et observe généralement une forme cylindrique ou pyramidale. Quant aux autres mobiliers de rangement, armoire, cabinet ou bibliothèques, ils sont très imposants et sont construits comme des monuments : ornés de frontons et encadrés de colonnes ou de pilastres.

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