Jean-Michel FRANK

Décorateur français de la période Art déco, 1895-1941

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Cote, prix et estimation du Designer Jean-Michel FRANK

Prix d’un mobilier signé en vente aux enchères : 1 000 – 600 000€

Estimation d’un luminaire : 1 500 – 130 000 €

Estimation moyen d’un objet signé Franck : 1 000 – 20 000€

Si vous souhaitez faire estimer un meuble de l’artiste, nos experts en design sont à votre disposition pour une expertise gratuite.

Une enfance tragique qui accompagnera son œuvre

Troisième fils du banquier Leon Frank et de Nanette Loewi fille d’un rabbin de Philadelphie, Jean-Michel Frank est né à Paris le 28 février 1895. Au Lycée Janson de Sailly où il était un élève dévoué, il a fait plusieurs rencontres importantes : Léon Pierre Quint futur directeur des éditions Sagittaire et René Crevel qui deviendra une figure importante du surréalisme. C’est avec eux que Jean-Michel Frank fait ses premières expériences esthétiques et rencontre les œuvres de Marcel Proust et André Gide.

La Première Guerre mondiale plonge sa famille dans la tragédie. De nationalité allemande, ses parents sont assignés à résidence tandis que ses deux frères aînés, lui-même français de naissance, partent au front du côté français. En 1915, le deuil frappe la famille : les deux frères sont tués au combat et son père se suicide. Seul avec sa mère Jean-Michel Frank travaille un moment pour un homme d’affaires, mais il s’intéresse surtout au monde intellectuel et artistique. 

Un décorateur autodidacte

Dès 1918, il se lie d’amitié avec Pierre Drieu la Rochelle et Louis Aragon. Pour eux, il s’improvise décorateur. En 1921, il aménage l’appartement du célibataire Drieu La Rochelle en peignant les murs en blanc, en sortant tout en ne laissant que quelques meubles et un vase cubique en verre découvert dans un atelier électricien.

Charles Peignot, imprimeur et fondateur de l’UAM et de l’éditeur anglais Nancy Cunard, sont séduits par son esthétique ascétique et le condescendent à créer pour leur maison une décoration minimale presque sans mobilier. Très vite, il crée avec l’aide de l’ébéniste Adolphe Chanaux, une gamme de meubles et de luminaires dont les formes sont minimales pour ne pas dire schématiques.

Insouciant de la pratique et de la tradition de l’ébénisterie, Frank introduit des matériaux encore inutilisés dans la fabrication de meubles : plâtre, terre cuite, mica, graphite, galuchat, paille, parchemin, et/ou traités de manière très originale comme du chêne sablé ou gratté. Séduits par son art, Louis Aragon et Paul Eluard commandent des luminaires au look primitif chinois ou africain.

En 1926, après avoir créé pour les Noailles un fumoir aux murs recouverts de parchemin et un boudoir en marqueterie de paille, il devient une figure du « tout-Paris » et une sorte de décorateur. Le Pecci-Blunt, le Gunzburg, Cole Porter, Gaston Bergery sont devenus ses clients réguliers. Même François Mauriac est fasciné par son esthétique et l’appelle « une esthétique du renoncement ».

Une carrière faite de nombreuses collaborations avec des artistes réputés 

En 1930, Jean-Michel, aujourd’hui décorateur professionnel établi, prend la direction artistique de la Compagnie Chanaux. Dès lors, il réunit des artistes talentueux auxquels il avait déjà commandé quelques créations. Pendant 10 ans, ils seront associés à son travail : Alberto Giacometti, Paul Rodocanachi, Jean Hugo, Emilio Terry et Christian Bérard.

Plus tard, son style devient moins radical. Il utilise des couleurs bleu méditerranéen inspirées de Bérard. Il crée des meubles jouant avec des réminiscences de style néoclassique, baroque ou Napoléon III. Il utilise des matériaux plus classiques comme l’ivoire, l’ébène ou l’acajou. C’est un succès immédiat. Les couturiers Lucien Lelong, Robert Piguet, Marcel Rochas et Elsa Schiaparelli font décorer leurs showrooms par Jean-Michel. Le dramaturge Edouard Bourdet l’a choisi pour la mise en scène de ses pièces d’abord au théâtre de la Michodière puis à la Comédie Française.

Des décorateurs du monde entier achètent ses meubles en quantité. Son succès international est complété par des commandes des multimillionnaires argentins Jorge Born et Américains Nelson Rockefeller. Mais une fois de plus, c’est la guerre qui bouleverse le destin de Jean-Michel Frank. En septembre 1939, la société Frank & Chanaux ferme définitivement ses portes.

En juillet 1940, Jean-Michel fuit la France pour l’Argentine. Là, il renoue avec son métier et a de nombreux contrats. Après quelques mois, il s’installe à New York où, le 8 mars 1941, complètement désespéré, il se tue et termine brusquement une brillante carrière.

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