Les instruments de musique qui se vendent le mieux aux enchères

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Les instruments de musique qui se vendent le mieux aux enchères

Vous ne jouez plus de votre violon ? Savez-vous que certains instruments sont très convoités par les collectionneurs ? Pour la fête de la musique, Mr Expert vous présente les instruments les plus cotés en vente aux enchères.

Les cordes frottées

La famille des cordes regroupe les cordes frottées et pincées. Les cordes frottées sont les célèbres instruments de quatuor (violons, altos, violoncelles et contrebasses) mais également des instruments plus anciens tels que les violes de gambe. Les cordes pincées sont les guitares, cithares, et clavecins. Ces pièces sont fréquemment recherchées en vente aux enchères par les collectionneurs, qui les vendent eux-mêmes souvent à leur tour.

Violons

Les violons sont les pièces les plus prisées et les plus régulièrement vendues. On trouve régulièrement des violons français et allemands, du XIXe siècle, de la première guerre mondiale, et d’autres pièces plus récentes.

L’estimation d’un violon dépend de sa taille (les 3/4 et 4/3 étant les plus onéreux), de son âge (les violons romantiques du XVIIIe sont rares et souvent plus chers), de son état de conservation, de son bois de fabrication, de sa provenance et du nom du luthier ou de la marque.

Les violons français Mirecourt, fabriqués dans la ville de Mirecourt, ont des prix très fluctuants. Ceux réalisés « d’après copie » ou par des luthiers inconnus sont généralement les moins cotés (entre 40 et 300 euros). Les instruments du XXe siècle peuvent valoir entre 1 000 et 1 500 euros. Les instruments qui ont le plus de valeur sont ceux de la période romantique allemande ou du XVIIIe français, avec des valeurs pouvant atteindre les 2 000 euros. eux façonnés par des luthiers connus valent entre 400 et 3 000 euros : les italiens Antonio Stradivari (qui créé la Maison Stradivarius) et Guarneri del Gesu, Etienne Vatelot, Niccolo Amati, Andrea Guarneri, Amédée Dieudonné, Collin Mezin… Certaines très belles pièces peuvent atteindre 6 000 euros. La valeur d’un violon peut croître avec son âge, s’il est bien conservé, car la qualité du son produit croit de même.

Les pièces les plus onéreuses sont celles ayant appartenu à des musiciens de renom ou à des collectionneurs reconnus ; elles atteignent souvent des sommes dépassant les millions. Par exemple, le violon « Red Violin » de la collection des Stradivarius (fabriqué par Antonio Stradivari en 1720), ayant appartenu au violoniste du XIXe siècle Joseph Joachim puis à une descendante du compositeur Félix Mendelssohn, s’est vendu 1,7 millions de dollars lors d’une vente chez Christie’s en 1990.

elizabeth pitcairn red violin
Elizabeth Pitcairn jouant avec le Red Violin qu’elle détient, Elizabethpitcairn.com

Violoncelles

Les violoncelles sont des instruments cotés en vente aux enchères, de même que son ancêtre, la viole de basse. Le violoncelle serait né au cours du XVIIIe siècle et doit son essor en tant qu’instrument soliste et de quatuor à des compositeurs comme Beethoven ou Brahms et à des musiciens de renoms, tels que Luigi Boccherini ou Jean-Baptiste Bréval.

La valeur d’un violoncelle est principalement liée au luthier qui l’a conçu, et à son âge. Les décorations et les musiciens associés peuvent également influencer le prix d’un violoncelle. Un instrument ordinaire et récent peut se vendre entre 300 et 3 000 euros en moyenne. Les pièces plus anciennes ont, quant à elle, plus de valeurs, avec des prix de vente évoluant entre 5 000 et 20 000 euros.

Les premiers violoncelles des XVII-XVIIIe siècles sont rares et recherchés. Ils sont souvent acquis par les musées spécialisés comme le Musée de la Musique de Paris. Parmi les grands noms français de l’époque, l’on trouve Claude Boivin, l’un des premiers luthiers à avoir façonné des violoncelles dès 1734. Ses pièces les plus anciennes atteignent a minima les 30 000 euros. L’on trouve également d’autres luthiers français de l’époque du « Vieux Paris », qui ont conçu majoritairement des violes de basses dont certaines ressemblaient à un violoncelle : Pierray, Boquay, puis Guersan et Salomon.

violoncelle XVIe siècle
Basse de violon, recoupée en violoncelle (XVIe siècle, France), Andrea Amati, Musée de la Musique de Paris

L’essor véritable du violoncelle a lieu au XIXe siècle avec l’émergence des compositeurs et de la musiques romantiques. Certains luthiers de l’époque gardent de nos jours une cote importante : la famille Collin Mezin, Pierre Charles Jacquot, Paul Bailly pour les français, dont les violoncelles se vendent entre 30 000 et 50 000 euros. Parmi les italiens, on trouve notamment le luthier Gennaro Gagliano, dont certains instruments atteignent des prix records, jusqu’à 800 000 euros. Les violoncelles de l’allemand Edmond Kritzler atteignent les 18 000 euros en vente aux enchères.

Enfin, les instruments, notamment récents, peuvent être estimés à la hausse s’ils sont porteurs d’étiquettes ou ont appartenu à des personnalités, dont des musiciens célèbres : un violoncelle ayant appartenu au musicien Natale Novelli a été vendu 31 000 euros.

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Violoncelle conçu par Gennaro Gagliano, Pinterest

Altos & Contrebasses

Dans le répertoire musical, les altos et contrebasses sont souvent relégués au second rang, au profit du violon et du violoncelle. Leur valeur marchande est ainsi moindre que celle des deux autres instruments. Ils sont, par ailleurs, moins fréquemment vendus aux enchères car un peu moins recherchés par les collectionneurs.

Le prix d’un alto varie entre 300 euros pour une pièce ordinaire et de petite taille et 6 000 euros pour les pièces plus grandes, anciennes, indemnes, ou travaillées. Certaines pièces associées à de grands noms de luthiers et musiciens, comme le luthier français Etienne Vatelot, atteignent les 15 000 euros. Des pièces d’exception atteignent des estimations records : un des seuls dix altos conservés conçus par Stradivarius, le « Mac Donald », datant de 1719 et conçu en bois d’épicéa, a été estimé 45 millions de dollars lors d’une vente chez Sotheby’s en 2014.

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Alto « Mac Donald », conçu par Antonio Stradivari, estimé 45 millions de dollars, Sotheby’s

Les contrebasses sont assez peu fréquentes en vente aux enchères. Ses dimensions imposantes en font également un instrument difficile à transporter. Leur prix est généralement compris entre 3 000 euros et 8 000 euros. Certaines pièces conçues par des luthiers renommés, notamment de Mirecourt, comme François Xavier Jacquet, peuvent atteindre les 15 000 à 20 000 euros.

contrebasse mirecourt francois xavier jacquet
Contrebasse conçue par François Xavier Jacquet, ateliers de Mirecourt, vers 1850, Musée de la Musique de Paris

Les archets

Les archets, indispensables au jeu des instruments à cordes frottées, sont souvent des pièces finement décorées, en bois fins, ou montées avec des métaux précieux ou des minerais (argent, ambre, maillechort…). Ce sont des pièces très fréquemment vendues, individuellement ou par lot. Leur estimation dépend de leur état, de leur ancienneté et rareté, de leur montage, de leur composition, et de leurs finitions (avec ou sans mèche, garnitures, signatures…).

La valeur moyenne d’un archet est à peu près la même pour tous les instruments du quatuor classique (violon, alto, violoncelle, contrebasse), évoluant entre 300 et 3 000 euros. Les archets français de violons et violoncelles, au même titre que ces instruments sont mis en valeur dans le répertoire au détriment des deux autres, ont tout de même une valeur légèrement supérieure, pouvant atteindre les 5 000 euros. Les accessoires montés argent valent a minima 700 euros. Les pièces en bois exotiques, comme le bois d’ipé, sont aussi valorisées. Les pièces anciennes des XVIIe et XVIIIe siècle sont également particulièrement cotées car rares. Certains archets pour altos ont ainsi été vendus entre 3 000 et 15 000 euros. En revanche, les pièces antérieures au XVIIIe siècle n’ont pas toujours une grande valeur car souvent mal conservées. Enfin, certains archets sont associés voire signés par des luthiers et peuvent donc être adjugés à des prix-records : un archet de violon de François-Xavier Tourte a atteint le prix-record de 576 000 euros lors d’une vente à Vichy Enchères en novembre 2017.

archet monté or et corne
Archet de violon monté or et corne, Michael Mönnig, arc-verona.fr

Instruments anciens (viole de gambe, violes d’amour…)

Les instruments anciens et désuets ont la cote. C’est le cas pour les vents mais également pour les cordes, recherchés par des mélomanes souhaitant redécouvrir des timbres et répertoires, mais également par des musées ou des collectionneurs privés. Parmi ces instruments, l’on trouve notamment les violes de gambe et d’amour.

La viole de gambe est un instrument à six cordes en boyau, frottées, à frettes, membre à part entière du répertoire musical entre le XVe et le XVIIIe siècle. Comme pour les instruments du quatuor classique, il existe plusieurs tessitures et donc, plusieurs tailles de viole de gambes. Le pardessus de viole est un instrument d’étude de plus petite taille, apparu au XVIIIe siècle et pouvant jouer le répertoire du violon. Les violes de gambe valent entre 400 euros et 6 000 euros, avec des valeurs médianes comprises entre 4 000 euros et 6 000 euros. Les pardessus de viole peuvent avoir une plus faible valeur s’ils sont récents (entre 600 et 2 000 euros), mais les instruments de l’époque romantique peuvent atteindre les 10 000 euros.

La viole d’amour est un instrument complexe, né au XVIe siècle, à 7 cordes frottées, dites mélodiques, qui font vibrer 5 à 16 cordes, dites sympathiques. L’intérêt pour l’instrument renaît au XXe siècle, lorsque des luthiers réintègrent l’instrument dans leur production et dans le répertoire, comme Henri Casadesus en France et Jasser Haj Youssef au Moyen-Orient. L’instrument est, dès sa création, réservé à des virtuoses des harmonies et complexe à jouer. Cette complexité et, de fait, sa rareté lui confèrent une forte valeur monétaire, d’autant plus s’il s’agit d’un instrument ancien. Ainsi, une viole d’amour du XIXe ou XXe siècle aura une valeur marchande comprise entre 400 et 900 euros. Une pièce de la deuxième moitié du XVIIIe siècle sera estimée entre 1 200 et 3 000 euros. Ce sont les pièces antérieures au XVIIIe siècle qui ont le plus de valeur : elles sont estimées entre 12 000 euros et 30 000 euros.

Cordes pincées

Guitares sèches et électriques

La guitare est un instrument à cordes pincées doté d’une table d’harmonie entrecoupée de frettes sur laquelle figurent des cordes qui longent jusqu’au manche. Il existe cependant plusieurs types de guitares, à l’instar de la guitare électrique et de la guitare sèche. Celle-ci se distingue de la guitare électrique du fait de sa caisse de résonnance. En effet, la guitare électrique ne possède pas de caisse de résonnance puisqu’elle amplifie le son grâce à un amplificateur.

La cote d’une guitare classique peut varier entre 100 et 5 000 euros en moyenne, selon la rareté du modèle, le luthier, l’ancien propriétaire etc. A titre d’exemple, une guitare sèche avec une étiquette à l’intérieur de la guitare et de discrètes décorations vaudra une centaine d’euros. Mais une rare guitare du créateur de la guitare sèche, Antonio de Torres ou de son maître (Manuel Gutierrez), portant l’étiquette originale, sera adjugée pour la somme de 5 300 euros. D’autant plus que dans ce cas, la table était réalisée avec de l’épicéa, les manches et la tête étaient faites de cédro et les frettes étaient en argent, malgré les marques d’usure (fentes, cassures, décollements…). La longueur de la caisse et le diapason ont aussi un rôle à jouer dans la valeur de cet instrument. De même, une guitare flamenco réalisée par de célèbres luthiers espagnols tels que les Hermanos Conde sera vendue au titre de 2 500 euros environ.

guitare sèche antonio de torres
Guitare sèche, Antonio de Torres, 1864, vendue 86 500 dollars en 2009, Christie’s

Quant aux guitares électriques, elles sont aussi très prisées durant les ventes aux enchères, notamment si elles ont appartenues à de grandes stars de la musique à l’image de Bob Dylan et de sa guitare électrique Fender Stratocaster vendue 690 000 euros, ou encore de Jimi Hendrix et de sa guitare, du même fabriquant, adjugée 1 670 000 euros tous frais compris.

Sans avoir appartenu à des célébrités, une guitare électrique du fabricant Fender Stratocaster ou Jacobacci avec de belles finitions (vernissage de la patine entre autres) malgré les marques d’usage, pourra espérer être vendue pour pas moins de 1 000 euros.

Il y a aussi les basses de Fender qui sont réputées pour être vendues 500 euros voire le double, triple ou le quadruple. En effet, le prix d’adjudication est fonction du vernis, du chevalet et de l’état de l’instrument en général.

Mais les guitares sèches et électriques ne constituent pas la totalité des ventes aux enchères d’instruments de musique puisqu’on y compte aussi les guitares romantiques voire les cithares et les mandolines.

Guitares romantiques, cithares et mandolines

Les guitares romantiques, qui possèdent 6 cordes simples, sont très recherchées puisque les luthiers de Naples et de Paris ont toujours cherché à perfectionner cet instrument depuis le XVIIIe siècle. De même, les mandolines sont nombreuses durant les ventes aux enchères. Les cithares, un peu moins demandées par le public, figurent tout de même parmi les belles ventes aux enchères.

Tout d’abord, les guitares romantiques sont vendues pour une somme allant de 200 à 8 000 euros avec une moyenne de 2 000 euros :

  • La vente de la guitare romantique à 280 euros était justifiée par la caisse en érable et de la table en épicéa mais la présence de cassures sur la table et d’un talon décollé.
  • Ce même type de guitare a pu être vendu 1 000 euros environ grâce à la présence de l’étiquette originale et de la fabrication par la famille de luthiers Vissenaire.
  • Les guitares romantiques vendues plus de 2 000 euros se distinguent grâce aux motifs décoratifs de nacre gravée, au vernissage, à la taille du diapason et à l’espacement du sillet de tête.
  • Parmi les guitares romantiques les plus chères, soit environ 5 000 euros, figurent celles de René Lacote, formé par Joseph Pons, inventeur de la guitare romantique. René Lacote innovera en matière de tessiture de l’instrument grâce aux barres du bas de table, aux chevilles à papillon, aux têtes en huit etc. Ainsi, l’inscription du luthier, le fond et les éclisses en acajou de Cuba contribue à la valeur de l’instrument. Mais les instruments de Lacote peuvent aussi valoir moins (1900 euros) ou largement plus (18 000 euros) selon l’existence d’ornements sur la rosace, les chevilles à papillon qui peuvent être en argent, le luthier (Grobert par exemple), l’état de conservation et le fait que l’instrument est prêt à jouer.

Concernant les cithares d’origine autrichienne (les autres types de cithares sont rarement vendus), le prix d’adjudication varie de 40 euros à 700 euros. Ce qui distingue les cithares d’une dizaine d’euros de celles à une centaine d’euros sont les différentes matières de fabrication. Le bois et les fibres végétales sont des matières moins nobles qu’un bel érable ondé. Le facteur (Horst Teller à titre d’exemple), l’originalité de la calebasse et les motifs décoratifs jouent aussi dans le prix au marteau d’une cithare.

Quant aux mandolines, si elles peuvent être vendues pour moins de 100 euros avec un manche en bois noirci en général, on peut les désirer pour un peu moins de 3 000 euros grâce à l’étiquette originale sur le fond, une partie décorative en nacre et ébène, des matières nobles (palissandre, filets en ivoire, érable ondé), au facteur (la célèbre instrumenterie Stridente de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ou Ceccherini) et au pays d’origine (la mandoline napolitaine de Vicentius Vinaccia s’est ainsi vendue à hauteur de 1 900 euros).

Harpes

Le clavecin et la harpe sont tous deux des instruments à cordes pincées qui se distinguent des instruments à cordes frappées d’un piano ou frottées pour un violon mais qui ont presque autant de valeurs que ces derniers, si ce n’est plus.

En effet, si la harpe peut valoir a minima 100 euros, jusqu’à quelques milliers d’euros. Si elle est dotée de mécanismes techniques, qu’elle est dorée à la feuille d’or, ou encore réalisée par un luthier de renom, on pourra l’estimer à la hausse, avec certaines estimations atteignant les dizaines de milliers d’euros.

Par exemple, une harpe de Jean-Henri Nadermann, compositeur, harpiste et luthier sous le règne de Marie-Antoinette au XVIIIe siècle a été adjugée pour la somme de 4 000 euros malgré les marques d’usage. L’inscription à l’encre noir du facteur de harpe sur le cache mécanique et sur la console contribue fortement à l’augmentation de sa valeur. De même, l’ornementation de l’instrument par des motifs floraux et le choix de la feuille de bois en épicéa ont un grand rôle à jouer. Aussi, les dimensions de la harpe (sachant que la harpe celtique est plus petite que la harpe classique) et l’état des cordes joueront sensiblement sur l’estimation de cet instrument de musique.

Sans oublier la harpe hybride, la clavi-harpe vaut souvent une centaine d’euros mais peut valoir des dizaines de milliers d’euros. En effet, la clavi-harpe de la famille d’inventeurs ingénieurs Dietz, datant du XIXe siècle, ornée de motifs décoratifs et dont les modèles similaires sont exposés dans des musées de renom tels que la cité de la Musique à Paris ou bien le musée MIM de Bruxelles a été mis à prix à 8 000 euros et adjugé vendu pour 14 880 euros.

Clavecins

Le clavecin, est un instrument de musique très plébiscité du fait de sa rareté. Les clavecins de l’époque baroque (XVII-XVIIIe) sont souvent ornés et peints, plus petits et peuvent être réglés sur un système modal ce qui leur confère un son particulier : ce sont des pièces prisées qui peuvent atteindre jusqu’à 5 000 euros pour les plus belles pièces. Les instruments du XXe siècle sont également très recherchés. Mais il faut prendre garde car cet enthousiasme pour le clavecin cause l’apparition de nombreux faux sur le marché des instruments de musique.

Clavecin, Jean Claude Goujon, Avant 1749, MM de Paris

La valeur d’un clavecin varie de 1 000 euros à 80 000 euros en fonction de la renommée du fabricant, du modèle de l’instrument (le répertoire est plus large pour un clavecin flamand ou franco-flamand que pour un clavecin italien), de son état (fuir les touches bloquées ou les fentes), de la matière utilisée pour les chevilles et le piètement etc.

A titre d’exemple, un clavecin du XXe siècle de Martin Sassmann, marque de clavecins allemands majeure, dont la caisse en bois est rouge cardinal avec l’intérieur du couvercle décoré de bouquets de fleurs, malgré la moisissure sur la table d’harmonie, a été vendu 1 500 euros.

Un clavecin peut même être estimé à plus d’un million d’euros si l’instrument est de grande envergure avec plusieurs claviers et un grand nombre de notes, en plus d’être rare, riche en prouesses techniques, possédé par des célébrités…

Les vents

La famille des vents regroupe les cuivres (trompettes, cor, trombones… instruments dont le son est produit par les lèvres et la bouche du musicien) et les bois (hautbois, saxophone, clarinette…dont le son est produit par vibration d’une anche ou d’un biseau).

Les bois

Les instruments de la famille des bois sont assez régulièrement vendus aux enchères mais n’ont pas une valeur marchande très élevée.

Les différentes tessitures de flûtes à bec, souvent en palissandre, sont vendues entre 70 et 250 euros. Les flûtes traversières sont valorisées car elles sont fabriquées en métal argenté ou précieux, comme l’argent. Celles en métal argenté se vendent en moyenne entre 100 et 500 euros.

Les flûtes traversières baroques, souvent en buis avec clés d’argent de Carlo Palanca (fagottiste italien) se vendent entre 1 000 et 6 000 euros. Les flûtes du XIX avec des clés de Boehm se vendent entre 900 et 1 000 euros. Les plus belles pièces, en argent, ou associée à des fagottistes, se vendent jusqu’à 6 500 euros. Certains pièces d’exception, gravées ou dans des matériaux insolites, peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros : une flûte Laurent en cristal à clef argent sertie d’une topaze a été vendue plus de 27 000 euros lors d’une vente chez Vichy Enchères en 2019.

Flûte traversière en cristal, clés en argent serties d’améthystes, Claude Laurent, 1820, MM de Paris

Les clarinettes sont assez fréquemment vendues mais ont rarement une valeur marchande excédant les 300 euros. Pour les modèles en buis et en mauvais état, leur prix ne peut être que d’une trentaine à une cinquantaine d’euros. Il faut sinon compter entre 100 euros et 600 euros en moyenne.

Les hautbois sont des pièces plus rares en vente aux enchères, et celles vendues sont souvent des pièces travaillées. Pour un hautbois standard, en palissandre ou sans système de clefs, il faut s’attendre à une estimation entre 100 et 400 euros. Les pièces avec des clefs, notamment Marigaux et Tabard, en buis ou palissandre, peuvent être estimés jusqu’à 3 500 euros.

Les bassons sont plus rares en vente aux enchères. Les modèles vendus sont souvent en érable, parfois noirci, et à clefs. Leur prix varie entre 300 et 2 000 euros en fonction de l’ancienneté, du nombre de clefs et du nom associé.

Saxophone alto (en Mi bémol), Adolphe Sax, 1870, MM de Paris

Les saxophones, souvent considérés à tort comme appartenant à la famille de cuivres, sont très recherchés par les collectionneurs et sont fréquemment vendus aux enchères. Ils se déclinent en plusieurs tessitures, et en métal argenté, chromé, ou en laiton. Les soprani (les plus aigus et plus petits) se vendent entre 60 euros pour les plus simples et 2 400 euros pour ceux associés à des noms tels que Selmer. Les altos se vendent globalement plus chers du fait de leurs dimensions et de leurs utilisation dans le répertoire : entre 100 euros et 3 700 euros pour les plus belles pièces ou celles associées aux noms de Selmer ou Adolphe Sax. Certaines pièces ténors atteignent les 7 000 euros.

Les cuivres

De nombreux instruments de la famille des cuivres sont vendus aux enchères. Leur valeur marchande n’est généralement pas très élevées.

Les trompettes et les cors sont les plus fréquents. Les trompettes, toutes tessitures confondues, sont souvent estimées entre 100 et 400 euros pour les modèles en laiton.

Les cors modernes se vendent entre 70 euros (notamment les cors de fanfares, peu cotés) et 800 euros (pour les cors d’harmonie et alti), les plus abîmés ne pouvant valoir que quelques dizaines d’euros. Les cors naturels, plus rares, peuvent en revanche valoir jusqu’à 3 000 euros.

Les cornets, souvent à 3 pistons, ont une valeur moyenne comprise entre 90 euros et 400 euros. Ceux associés à des noms tels qu’Adolphe Sax sont valorisés avec des prix compris entre 1 000 euros et 3 000 euros.

L’on trouve également le saxhorn, tuba conçu par Adolphe Sax et valorisé. Leur prix vaut donc en moyenne entre 150 euros pour les basses ou ceux à 3 pistons et 1 600 euros pour les alti ou ceux à 5 piston.

Les vents désuets

cornet à bouquin
Cornet à bouquin Basse, vers le XVIe, MM de Paris

Les instruments à vents désuets, tous comme les cordes, gagnent en cote et sont prisés par les collectionneurs. Leur vente est, de plus, souvent rare, ce qui est particulièrement favorable à la montée de leur prix. Parmi ces instruments, l’on trouve par exemple des ophicléides, dont les prix avoisinent les 600 à 1 000 euros, ou des « serpents » en bois et cuivre pouvant atteindre les 4 000 euros. Certains instruments, rares ou très anciens, peuvent atteindre les 10 000 euros.

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